Le commencement - Michel Polnareff

Publié le par Cissie Blues

Salut !

Je vais évoquer aujourd'hui celui qui éveilla ma curiosité musicale dès ma plus tendre enfance.

Avant de devenir ce vieux has-been péroxydé sur le retour, Michel Polnareff était un compositeur et un chanteur génial. Bien sûr, quelques couacs et chansons ridicules parsèment sa discographie. Mais au vu du nombre d'albums qu'il a sortis, on peut aisément le comprendre et l'excuser. Ce que je n'excuse pas, par contre, c'est la grosse tache d'huile qu'il a laissée sur sa carrière avec sa tournée "revival" l'année dernière.



Je devais avoir 8 ans quand tout à coup, dans la voiture familiale, j'entendis ce qui devait être un best-of de Michel Polnareff. Le lendemain, les mélodies me trottaient encore dans la tête et je demandai alors à mon père qui état ce chanteur "que l'on avait entendu dans la voiture".

Et il me répondit qu'il s'agissait de... Jimmy Sommerville.

Je demandai alors une copie sur cassette du disque que j'avais entendu. Mais lorsque je le mis dans mon walkman rose Lansay, je compris qu'il y avait erreur. J'allai donc me plaindre à mon père, ne comprenant pas qu'il ait pu confondre la géniale musique que j'avais entendue la veille avec celle que faisait cette star sympathique mais fade des années 80. Je fredonnai donc une chanson ou deux à mon père qui comprit sa méprise. L'album best-of appartenant à mon oncle et ma tante, c'est eux qui me firent don de MA cassette, celle que j'ai toujours.

Ce disque ne contenait pas que des chefs d'oeuvre, loin de là. Il commençait par "Tout tout pour ma chérie" et contenait des titres tels que "La belle veut sa revanche" ou "L.N.A H.O". Je trouvais une chanson préférée sur la cassette, et je l'écoutais en boucle pendant deux ou trois mois. Cela commença avec "Elle rit", titre bien taillé pour les années 80, mais qui me fit découvrir les magnifiques aigus de celui qui devint mon chanteur préféré pendant la douzaine d'années qui suivit. Ensuite, il y eut "L'amour avec toi", "Tam-Tam", "Dans la rue" (on ne peut pas naître dans les années 80 et avoir d'office bon goût), "Qui a tué Grand-Maman", "Je suis un homme", et le chef d'oeuvre ultime : "Le bal des Lazes".

J'étais fascinée. Je n'ai écouté que cette cassette pendant les 2 années qui suivirent.

Un soir, mon père m'annonça que l'un de ses amis pouvait empunter beaucoup de disques grâce au comité d'entreprise de sa société. Je pus alors copier une part plus importante des disques de Polnareff sur cassette et cela continua lorsque je tombai en farfouillant dans la musique de vielles cassettes appartenant à mon père. Je découvris alors des bribes de ce qui avait été le début de carrière de Polnareff et c'est cette période qui me plait le plus aujourd'hui.

Bien plus tard encore (il y a 3 ans), je réussis à compléter la discographie complète de cet artiste hors du commun. J'y trouvai des bijoux oubliés tels que "Nini", "Une histoire Lamentable", et retrouvai s'autres morceaux que je connaissais déjà et appréciai tels que "L'oiseau de Nuit" ou encore "Les grand sentiments humains". Il sortit aussi son autobiographie que je lus très rapidement. J'y découvris un type complètement mégalo, persuadé d'avoir tout inventé. Premier coup dur. Enfin, non, deuxième, le premier étant la déception ressentie lorsque Michel ne répondit pas à la lettre écrite à son fan-club avec une copine à l'âge de 11 ou 12 ans.

J'appris ensuite qu'une tournée aurait lieu. J'achetai une place et une seconde pour mon amoureux, tout cela pour une somme non négligeable. Après une attente longue de 9 mois, je piaffai d'impatience lorsque le grand soir arriva. Une seule chose m'inquiétait : je savais que Polnareff était capable du meilleur comme du pire, et qu'il avait parfois très mauvais goût. Alors, sublime ou ridicule ?

A son arrivée sur scène en dans son costume en cuir, je compris que le ridicule l'emporterait. Ses jambes étaient certes toujours aussi minces, moulées dans son pantalon en cuir, mais c'était loin d'être le cas de son ventre, serré lui aussi dans son petit gilet en cuir décolleté et moulant, avec sa chemise bouffante blanche...

Quelques jours auparavant, je n'avais pas pu m'empêcher d'aller voir sur Internet les forums de fans s'étant rendus aux concerts des jours précédents pour connaître les titres qui y étaient joués. J'espérais en voyant cette succession de tubes attendus que Polnareff serait un peu plus surprenant.

Je me trompais. La playlist était identique en tout point. Jusqu'au titre chanté pendant le rappel, alors que l'interprète prononçait cette phrase stupide : "C'est le moment où je ne sais jamais quoi jouer". Et puis c'était le soir des Victoires de la musique. Nous étions à la fin de notre concert et en duplex avec Michel Drucker et Nagui. C'est Michel Drucker qui a choisi la chanson finale et ce fut "Love me Please Love Me", que nous avions pourtant déjà entendue un peu plus tôt. A la fin, nous avons à nouveau été mis en duplex et comme cela n'en finissait pas, Michel Polnareff s'est éclipsé et le concert s'est fini avec un autre Michel, mais pas le bon...

Mais le pire, le pire dans cette histoire, ce fut le massacre du chef d'oeuvre ultime, celui-ci :



La version du concert fut tout simplement horrible. Avec ses muiciens hard-rock et les fausses flammes en fond à la Johnny, Polnareff crut faire quelque chose de moderne et d'original. Ce fut réellement un massacre. Le morceau perdit toute sa belle saveur anglaise et intemporelle. Il n'en resta rien.

Ce soir là, le mythe de mon enfance s'écroula.

...

Publié dans Ma Musique & Moi

Commenter cet article

SysTooL 01/06/2008 16:26

Hello! Tu as été ajouté dans la communauté LE MONDE DU ROCK! Désormais, tu pourras publier tes chroniques d'albums sous son signe ;-)

Merci de ton intérêt

SysTooL

Perf 31/05/2008 12:03

C'est un artiste que j'ai découvert tard, aux alentours de 20/21 ans. Enfin je l'avais déjà entendu avant évidemment, mais je n'avais jamais écouté (nuance!).

Puis j'ai offert le best of (avec l'image en hologramme) à ma mère. Elle ne l'a jamais ouvert (ça fait toujours plaisir), alors je le lui ai taxé!

Depuis j'écoute régulièrement. De très belles chanson, fortes, avec du sens (et on peut pas dire que ce soit le cas de pas mal de la plupart des nouveaux artistes surtout anglo saxon). Des chanson qui dénoncent, qui crient l'amour, d'autres légères, un mélange gagnant.

Maintenant je ne pourrais pas écouter que cela durant 2 ans!!!

Voila c'était mon avis (qui ne doit intéresser que moi!!!).

A plus

Cissie Blues 31/05/2008 15:12


Et oui, Michel Polnareff était un génie de la musique et il le sait, ce qui n'a pas joué en sa faveur. Aujourd'hui, il est plus préoccupé par ses muscles et son idylle avec une fille qui a près de
40 ans de moins que lui. Au concert, on a eu droit à ses deux nouveaux morceaux et pour moi c'est juste une blague.
Ne t'inquiète pas ton avis m'intéresse, moi !
Aujourd'hui je n'écouterais plus ça pendant 2 ans, mais quand on a 8 ans et qu'avant ça, on ne connaissait que Chantal Goya, c'est plus compréhensible !