Pourquoi ?
Tout simplement parce que leur dernier album est un bijou de pop intelligente et brute à la fois, qui manie à merveilles tous les codes du genre, sans délaisser les textes pour autant. De la
musique universelle, je vous dis. Rien que ça.
Prenez un trio guitare/basse/batterie, la fougue et l'énergie inhérentes à la jeunesse, une bonne dose d'inconscience et le charisme sauvage d'une chanteuse/bassiste qui a tout d'une
icône, et vous aurez une petite idée de qui sont les Noisettes. Tout débuta pour eux en 2007 avec un premier album remarqué : What's the time Mr Wolf aux sonorités en majorité rock et
punk qui leur valut rapidement d'être qualifiés de meilleur groupe live d'Angleterre. Et d'après ce que j'en ai entendu dire, c'est toujours le cas.
Ils reviennent cette année avec un opus pour le moins déroutant pour qui s'attendait à retrouver les ingrédients qui ont fait le succès du premier. En effet, le premier single extrait de Wild
Young Hearts, intitulé Don't Upset the Rythm surprend par son électronicité, ses rythmes clairement disco et son refrain martelé et hypnotique.
Mais que leur est-il arrivé, vous direz-vous ?
Refusant de s'enfermer dans la case Indie, dans laquelle on les avait pourtant déjà rangés, les Noisettes ont tout simplement cassé la cloison, et tout piétiné sur leur passage, Shingai Shoniwa
allant même jusqu'à déclarer récemment : "Indie is boring, dead and over". C'est dit ! Voilà donc pourquoi ce nouvel album navigue tranquillement et avec un équilibre extraordinaire
entre pop disco (Wild Young Hearts, Saturday Night), ballades soul (l'excellent Sometimes qui ouvre le disque ou encore le non moins classieux Every Now and
Then), R&B oldschool que Phil Spector et Amy Winehouse ne renieraient pas (24 hours ago, et surtout Never Forget You).
On pense évidemment à Blondie (sur Beat of my Heart par exemple), quoique la voix teintée de soul de la chanteuse d'origine zimbabwéenne n'ait pas grand chose à voir avec
celle de Debbie Harry, à Grace Jones, et personnellement je pense aussi souvent à AS Dragon période Natasha, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et surtout, on est totalement emporté par l'ouragan
de ce disque. Dès la première écoute, le MP3 intégré dans mon cerveau a retenu la quasi-totalité des chansons pour me les diffuser ensuite régulièrement, de préférence lorsque j'essayais de me
concentrer sur ma traduction actuelle, ou avant de dormir, à mon grand désarroi. Cela fait de ce disque un plaisir instantané.
Cet article est-il honnête ? Non. Autant l'avouer, je suis totalement partiale et mon enthousiasme primaire pour cet album acidulé n'est pas totalement justifié. On frôle parfois le mauvais
goût tendance Kylie Minogue et boule à facettes et certains morceaux (le single notamment) sont trop répétitifs. Il n'en faut pas beaucoup non plus pour entendre les grosses ficelles utilisées
pour appâter l'auditeur. Mais j'adore ce disque ! Je le trouve rafraîchissant, pas prétentieux, j'en trouve la construction parfaite et la voix de Shingai me bouleverse
Je ne regrette finalement qu'une seule chose là-dedans : les avoir loupés à la Boule Noire le 23 avril dernier !
Par Cissie Blues
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