Curry & Coco @ Point Ephémère - Hum, je reprendrais bien des épices...

Publié le par Cissie Blues

Depuis mon dernier article dans ces pages, un phénomène étrange s'est produit. Dans les deux jours qui ont suivi mon coming-out de vieille ronchonne, j'ai beaucoup aimé 3 disques tombés par hasard dans ma platine : Black Prairie, le nouveau Black Keys et The School (tous trois en test exclusif dans mon MP3 et pour l'instant, je n'ai pas à m'en plaindre).

 

Voilà pourquoi, lorsqu'une copine me proposa d'aller voir Curry & Coco au Point Ephémère, j'ai dit oui : quand on est dans une telle lancée, mieux vaut ne pas s'arrêter ! Je ne connaissais rien du groupe et je n'ai rien voulu en savoir. Bien sûr, ma moitié m'avait mise en garde ("Quoi ? Curry & Coco, toi ? Cherche pas, tu vas pas aimer...) mais je n'ai pas voulu l'écouter. J'étais intriguée par la hype qui entourait ce groupe dont je voyais fleurir le nom sur tous les flyers de la ville et les affiches de festivals. En outre, la meilleure façon de découvrir un groupe étant de le voir en live, j'ai décidé en mon âme et conscience de tenter l'aventure.

 

Une aventure, c'en était vraiment une. D'abord, une fois n'est pas coutume, j'avais décidé de m'habiller en fille et les chaussures à talons ouvertes me lacérant méchament les pieds 1/4 d'heure après mon départ, ma motivation avait déjà baissé d'un cran. Heureusement, une erreur du barman en ma faveur rattrapa le coup et c'est donc dans les meilleures dispositions ou presque que j'attendais le groupe à 21h00.

 

Ma première pensée fut que ce duo était vraiment très mal assorti. Nous avions d'un côté un chanteur/clavier assez petit avec une coupe à la Desireless et une voix suraiguë très propre sur lui et de l'autre, un batteur barbu à lunettes, débraillé, le genre de mec qu'on croise dans les concerts de hardcore en province. D'ailleurs, son jeu de batterie me sembla un peu trop métaleux pour être honnête. Ouais, ce mec est un bourrin.

 

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En dépit de sa tête de jean-foutre attardé entre les morceaux, le mec joue hyper sérieusement, ce qui est assez inquiétant parce que j'ai plusieurs fois eu l'impression que le groupe se foutait de notre gueule. D'ailleurs, ce serait peut-être rassurant si Curry & Coco n'était qu'une grosse blague et connaissant un peu les Lillois, ça pourrait tout à fait être le cas. "Notre musique est faite pour que les filles dansent et que les mecs reprennent une bière, et inversement." C'est clair que personnellement, ça m'a donné envie de boire, et pourtant, j'avais mes chaussures de fille.

 

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Côté musique, rien de nouveau sous le soleil. Comme tous les groupes hype récents, Curry & Coco a ressorti le vieux synthé années 80 du grenier et l'exploite à fond, ce qui a le don de m'agacer. Comme je n'ai jamais trop goûté la musique de l'époque, je ne pourrais pas vous dire à qui ils ressemblent (sauf que le chanteur a une voix suraiguë à la Cyndi Lauper dont il reprendra d'ailleurs Girls Wanna Have Fun). La pose et le n'importe quoi prenant le pas sur la musique, j'ai bien vite compris qu'il ne fallait pas attendre grand chose de ce concert. Mais qu'est-ce qui peut pousser deux jeunes hommes qui n'ont pas l'air idiots comme eux à décider un beau matin de former ce genre de groupe ??

 

Côté hype, ça fonctionnait à merveille. La salle était pleine, les gens chantaient et dansaient, c'était vraiment le pays merveilleux des bisounours. Pour le côté visuel, une danseuse complètement ringarde (quoiqu'impressionnante) sortie elle aussi du grenier s'agitait sur les rythmes très rapides des deux loustics, emballée dans une combinaison moulante en lycra noir (j'ai d'ailleurs été assez étonnée que personne n'ait pensé au fluo).

 

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Après 6 chansons à peine, dont une reprise, le groupe quitta la scène et revint nous interpréter en rappel ses deux tubes, pourtant déjà chantés en début de concert ! Quelle arnaque ! C'était pas la release party de l'album ? C'est donc bel et bien du foutage de gueule de bout en bout. Dépitée, je m'éclipse avant la fin et c'est sans regret. Trop écoeurée par le sirop, les stroboscopes et la danse, je ne suis même pas en état de rester pour la 2e partie qui s'annonce du même accabit.

 

L'incarnation du mauvais goût. Ma patience avec ce genre de faux groupe ayant ses limites, on ne m'y reprendra plus. Cependant, il est assez fascinant de constater à quel point on peut faire gober n'importe quoi au public tout en obtenant de lui qu'il paye sa place. Et pourquoi pas lui faire acheter l'album tant qu'on y est ?

Publié dans Concerts

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Cissie 03/05/2010 19:36


Ce que la curiosité vous fait faire parfois...


Xavier 03/05/2010 17:24


ah putain... chienne de hype!