Pour changer

Publié le par Cissie Blues

Mon amie Olivia ici présente m'a refilé un tag assez surprenant puisqu'il n'a pas vraiment de lien avec le contenu de ce blog. Elle espère y trouver des références musicales, mais risque bien d'être déçue, car malheureusement ou non, ma vie ne tourne pas complètement autour de la musique.

 

Cependant, j'admets volontiers que ma "vie littéraire" est bien moins régulière que ma vie musicale. C'est pourquoi ce billet risque fort de ressembler à un fourre-tout un peu chaotique, illustrant superbement mon absence de sens de l'organisation.

 

1. Le dernier livre que vous ayez acheté et terminé

 

Le dernier livre que j'ai acheté... Je ne l'ai pas encore lu. D'ailleurs j'en ai acheté trois d'un coup, au hasard ou presque. J'ai entamé le premier et il m'a assez plu, mais c'est un livre de nouvelles : Les Plumes du Pigeon, de John Updike. Alors, comme j'aime me disperser et que mes légendaires facultés de concentration ne sont plus ce qu'elles étaient, je l'ai laissé provisoirement tomber pour me pencher sur mon deuxième achat, Portnoy et son Complexe, de Philippe Roth (d'ailleurs, pas vraiment acheté au hasard celui-ci).

 

J'avais acheté quelques mois plus tôt un autre roman de Roth, la Pastorale américaine mais après lecture des premières pages, je l'avais reposé sur ma table de chevet où il prenait allègrement la poussière depuis, ce qui m'avait fait penser que peut-être, je n'avais pas abordé cet auteur par le bon bout.

 

Portnoy achevé, me voilà rassurée. Ses tribulations burlesques, sa façon de tenter d'assembler les pièces de sa vie, en traînant le boulet de son éducation juive derrière lui m'ont fait sourire et parfois rire aux éclats, d'autant que s'il est certain que le héros et moi n'avons quasiment rien en commun, son désenchantement, ses doutes et ses difficultés à se remettre parfois en question ne me sont pas vraiment étrangers.

 

Cependant, je dois dire que le livre que j'ai le plus aimé lire ces derniers temps (et qui a succédé à Portnoy) m'avait été gentiment prêté par mon amoureux. Encore un auteur que je m'étais juré de découvrir, et celui-ci depuis 2000 si ma mémoire est bonne, depuis la lointaine époque de mes cours de littérature américaine, j'ai nommé : Francis Scott Fitzgerald.

 

Si j'aimais autant mes cours de littérature, c'est grâce à un certain John Malcolm Bailey (Monsieur Bailey, si vous profitez de votre retraite pour passer ici, je vous salue), qui lui, nous enseignait tout ce qu'il savait sur les auteurs britanniques. Ce prof était tout simplement fantastique et grâce à lui, j'ai abordé la littérature anglaise avec la biographie de ses auteurs, quasiment jouée dans l'amphi façon pièce de théâtre et même si ce fut un peu moins le cas pour la littérature américaine, mon professeur de l'époque a tout de même réussi à me convaincre que Fitzgerald méritait le détour.

 

J'ai donc lu Tender is the Night en quelques jours à peine et cela faisait longtemps que je n'avais pas été autant touchée par un livre et il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, la description que Fitzgerald fait de la Jet set de l'époque m'a totalement fascinée. En effet, c'est bien de ce milieu-là, celui des riches oisifs des années 1920 qu'il s'agit ici. Ensuite, le personnage principal, Dick Diver n'exerce pas seulement son aura et son magnétisme sur les autres personnages du roman, mais aussi sur le lecteur qu'il subjugue littéralement et qu'il embarque avec lui aux quatre coins de l'Europe. Par ailleurs, ce livre est pour moi celui de la désagrégation progressive du couple, sujet oh combien passionnant. Ajoutez à cela des symboles forts disséminés tout au long de l'intrigue, de lourds secrets à découvrir, et vous comprendrez pourquoi les images de ce livre resteront gravées en moi pour très longtemps encore.

 

Bon, j'ai commencé cet article il y a deux semaines et entre temps, j'ai terminé un autre roman. Alors on fait quoi dans ces cas-là ? Ne comptez pas sur moi pour jeter à la corbeille ce que j'ai mis tant de temps à écrire sur Tender is the Night, c'est tout simplement hors de question. Mais il serait aussi injuste de ne pas citer Impuretés de Philippe Dijan.

 

Quand je l'ai commencé, je me suis dit :"Bof, ma période Ellis et Larry Clark est terminée, et les tourments des adolescents riches ou non, j'ai eu ma dose". Néanmoins, la facilité de lecture m'ayant portée un peu plus loin que je l'aurais imaginé au début, et les interrogations que je développais au fil des pages au sujet du jeune "héros" Evy ne faisant que croître, j'ai décidé de poursuivre. Pourtant, je n'en sais pas beaucoup plus aujourd'hui sur Evy qu'il y a deux semaines, le personnage étant essentiellement composé de vide (c'est sans doute valable pour la plupart des adolescents), sa passion très particulière pour l'une de ses congénères un peu plus âgée que lui mise à part.

 

Si Evy est aussi vide, c'est parce qu'il est écrasé par le poids de son propre silence, celui dans lequel il s'est enfermé depuis la mort de sa sœur ainée, noyée au fond d'un lac pendant une fête (comprenez une réunion de jeunes basée sur l'absorption massive de drogues et d'alcool avec un peu de sexe aussi par-dessus le marché). Il faut dire que c'est d'autant moins facile pour lui de parler qu'il est soupçonné par une bonne partie de son entourage d'avoir contribué à cette mort d'une façon ou d'une autre et que pour couronner le tout, personne ne semble moins en mesure de l'écouter que cet entourage justement.

 

L'environnement est malsain; ses parents (deux artistes sur le retour), s'ils sont encore ensemble (c'est d'ailleurs assez incroyable) ne s'aiment plus depuis longtemps et tentent de garder la tête hors de l'eau par tous les moyens. Et parmi ses amis, on trouve un obsédé sexuel complètement inconscient, une fille paumée qui lui devient utile lorsque ses hormones se font trop encombrantes, et une grosse vache tentant de compenser la mort de Lisa (la sœur d'Evy) en la remplaçant tout bêtement par Evy.

 

Ce tableau pourrait sembler bien tragique s'il n'était pas aussi drôle, car le cynisme de Dijan n'a pas de limite. Avec Impuretés, on peut vraiment rire de tout et ça fait tellement de bien qu'on aurait tort de s'en priver. De plus, la fluidité du texte en fait un roman vraiment agréable à lire. On n'a aucune difficulté à rentrer dedans et même l'atterrissage se fait en douceur.

 

2. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez-vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne TREIZE de la page QUARANTE-DEUX (parce que c'est important, 42) ?

 

Je lis Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux de Kate Atkinson. J'ai lu un peu plus d'une centaine de pages, mais en plusieurs fois, car en raison de mes fréquents déplacements actuels, j'ai dû intercaler Impuretés dans mon planning de lecture (j'oublie souvent de mettre mon livre dans ma valise). Du coup, j'ai un peu perdu le fil, ce qui est d'autant plus facile que les chapitres sont construits comme des nouvelles : chacun d'entre eux présente un nouveau personnage et ces personnages n'ont pour seul point commun que d'avoir assisté à un accident de voiture. En dehors de cela, leurs milieux sociaux-culturels, leurs vies sont très différentes.

 

Mais je viens de découvrir que tous ont maintenant été présentés par l'auteur et nous allons pouvoir entrer un peu plus dans le vif du sujet. Je trouve ce livre très plaisant pour l'instant, mais pas encore vraiment captivant.

 

La phrase en question est une parenthèse et est la suivante : "alors qu'ils étaient tous sans exception des rejetons de médecins, d'avocats ou d'hommes d'affaires".

 

3. Choisissez l'un de vos livres favoris, quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière phrase qui se trouve à la page 65 ?

 

Je ne vais jamais pouvoir choisir entre mes 4 livres dits "de table de chevet" (ils portent ce nom parce qu'ils sont toujours rangés dans ma table de chevet). Je décide donc de renommer cette rubrique "Livres de table de chevets". Quant aux phrases de leurs pages 65 respectives, elles ne seront pas citées ici puisque je ne les ai pas sous la main.

 

Dedans, nous trouvons en vrac :

 

Awopbopaloobop Alopbamboom de Nick Cohn. J'ai lu ce livre en 14 heures. Je partais vivre en Autriche (en train, puisque j'ai la phobie de l'avion) et à la gare, je ne savais pas quoi acheter pour m'occuper pendant les 14 heures que durait le trajet. Et je suis tombée sur ce livre. A l'époque, mes connaissances en matière de rock'n roll étaient plutôt rudimentaires mais je ne m'attendais pas à tomber sur une telle mine d'or. J'ai donc acquis plus tard un bon nombre de disques à partir des critiques rédigées par Nick Cohn. Et je n'ai pas peur de l'avouer aujourd'hui : sans lui, je n'en serais sans doute pas là aujourd'hui.

 

The Girl From Norfolk With the Flying Table de Lilie Ferrari. Celui-ci, c'est le premier livre que j'ai acheté en Autriche et je l'ai même lu en allemand sous le titre de Love Me Do. J'ai dû amadouer toute seule mon esprit rebuté par l'allemand de prime abord en sélectionnant un roman qui évoquait les Beatles. Et ça a parfaitement fonctionné. On y découvre quatre amies adolescentes de 15 ans, dans l'Angleterre du début des sixties avec la guerre froide en toile de fond. Chacune d'entre elles, avec sa personnalité très marquée, tente de trouver sa place tant bien que mal. Et un jour, les Beatles sortent leur premier tube et cela bouleverse complètement leur quotidien. C'est avec beaucoup de plaisir que l'auteur nous fait suivre l'évolution de ces filles au fil des années, parallèlement à celle du groupe, et en particulier celle de l'héroïne, Cécilia, dite Cissie, qui n'aime personne au monde plus que Georges Harrison. Car chacune de ces filles aura "son" Beatle, ce qui révèlera beaucoup de son caractère à l'âge de 15 ans, et de ce premier choix découleront beaucoup d'autres qui s'avèreront déterminants.

Bon, dit comme ça, ça peut sembler un peu léger et puéril, mais j'ai été complètement fascinée par ce livre pour la simple et bonne raison qu'on s'y croirait.

 

L'intégrale Beatles : Les Secrets de toutes leurs chansons de Steve Turner. Comme celui de Nick Cohn, celui-ci est un peu ma bible. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est dans ma table de nuit. Imaginez, je suis couchée tranquillement, je rêvasse, et d'un seul coup, je me dis : "Hum, je me demande vraiment pourquoi John Lennon a écrit Happiness is a Warm Gun." (évidemment, c'est de la fiction, parce que celle-ci, je sais parfaitement pourquoi et comment elle a été écrite). Et là, je n'ai qu'à tendre le bras pour atteindre ma référence, l'ouvrir, et trouver la réponse.

Vous pouvez me faire confiance (ainsi qu'à Steve Turner), ce livre est très complet, très précis et documenté (non, je vous assure, je ne suis pas en train d'essayer de vous en vendre des exemplaires).

 

Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Alors celui-ci, c'est parce que je suis une grande enfant et que c'est sans doute l'un des livres que j'ai le plus relu dans ma vie. C'est bien simple, tout me plaît en lui : l'univers, les personnages loufoques, les symboles... et quand j'étais petite, l'idée que l'on puisse atterrir dans un monde parallèle en passant par un terrier au fond du jardin me semblait absolument géniale. J'ai d'ailleurs tenté d'en écrire un certain nombre de plagiats à cette époque, mais je me suis rapidement aperçue que je me surestimais légèrement.

Ensuite, Alice m'a menée à Peter Pan, puis bien plus tard à Harry Potter...

 

4. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé ? Pourquoi ?

 

Hum... Bonne question... Lorsque je n'aime pas un livre, je ne le lis pas. En tout cas jamais jusqu'au bout. Et je n'ai aucun souvenir du dernier livre que je n'ai pas aimé, mais par contre, je sais lequel je n'ai pas fini. Vous en tirerez les conclusions que vous voulez. : il s'agit du Magasin des Suicides de Jean Teulé.

 

En fait je trouvais ça plutôt marrant au début. Je souriais volontiers à ces pointes d'humour noir, mais j'espérais y découvrir un peu plus que ça. Au bout d'un moment, la répétition des gags m'a lassée. Et j'ai arrêté. J'aurais bien voulu trouver un peu plus de surprise, de subtilité et pas uniquement de l'absurde et ça n'a pas été le cas.

 

Dans d'autres circonstances, je l'aurais sans doute terminé, d'autant que le livre est vraiment très court et que ça ne m'aurait pas demandé un courage exceptionnel. Mais finalement un soir, j'ai pensé que j'avais mieux à faire que poursuivre cette lecture, alors j'ai repoussé au lendemain. Puis, j'ai refait la même chose le lendemain et le surlendemain. Puis je l'ai oublié dans ma valise de vacances, puis il a quitté ma table de nuit pour rejoindre ma bibliothèque et je ne l'ai pas revu depuis.

 

Je crois tout bêtement que j'avais beaucoup mieux qui m'attendait sur le feu.

 

5. Quelles sont les 5 bloggeurs à qui vous passez le relais et pourquoi ?

 

Je ne connais pas assez de lecteurs de ce blog (même occasionnels) à qui passer le relai mais il y en a bien deux auxquels je pense :

 

  • - Xavier : parce qu'il meurt d'envie de nous parler de ses lectures, il n'y a qu'à voir la taille des commentaires qu'il laisse chez Thom au bas des articles concernant Robert Van Gulik pour s'en convaincre.

 

  • - GT : parce que même s'il n'a pas laissé d'indices aussi flagrants nulle part, je suis certaine qu'il a d'intéressantes lectures à nous conseiller.

 

 

Commenter cet article

G.T. 16/12/2008 13:40

Ah ben... merci :-)

Xavier 09/12/2008 21:58

It's done! et t'es obligée de tout lire!

Xavier 07/12/2008 17:49

aaaaaaaaaaaaah! merci Cissie, cela faisait tellement longtemps que j'attendais qu'on me donne l'occasion de prouver que je suis un véritable érudit littéraire!
je vais faire comme pour les exams, bachoter les pages de Thom sur Van Gulik...

Thom 07/12/2008 13:52

Eh bien ! Quand on voit le tag dont tu es partie, le moins qu'on puisse dire est que tu t'en sors très bien. D'ailleurs tu te débrouilles pas mal, pour parler bouquin (mieux que certaines blogueuses "littéraires") ! Une reconversion possible ? :-D