Welfare Heart ou le rapide retour de VIOL

Publié le par Cissie Blues

Certes, mon avant dernier article le concernait déjà. Certes, j'aurais pu éviter d'attendre un mois avant de repointer mon nez sur mon blog, et ce serait peut-être passé inaperçu. Mais en attendant, l'air de rien, Ernesto est revenu se glisser dans mon MP3 avec un tout nouvel album, moins d'un an après Love Boat. Le nouvel opus s'ouvre sur un certain nombre de pépites, et il serait présomptueux d'affirmer que telle ou telle d'entre elles est d'un niveau supérieur aux autres. S'il a dû revoir ses espoirs de double album à la baisse, le résultat final de Welfare Heart ne déçoit pas une seconde.

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D'un côté, nous avons ces mélodies toujours somptueuses, raffinées et harmonieuses, avec des arrangements savamment étudiés et parfaitement calculés (quoiqu'il m'ait semblé entendre un son de violon de synthétiseur pas franchement du meilleur effet sur un titre) ; de l'autre, nous retrouvons des textes d'une étonnante maturité, non dénués d'une certaine naïveté et d'un romantisme touchant et désuet. Ernesto a parfois le charme des anciens troubadours de la cour, et l'émotion réelle qui se dégage de ses ballades ne me laisse jamais indifférente. Son imaginaire nous fait cette fois faire des détours dans des cimetières, toujours par temps de pluie et si possible jamais très loin de la mer ou de l'eau et son humour, son autodérision, même, est plus présent que jamais. Il surprend parfois comme sur Time Travel qui évoque une ambiance de piano bar à laquelle il ne nous a pas habitués, et réussit le tour de force de ne jamais être répétitif ni lassant, contrairement à moi lorsque j'évoque son oeuvre, ce qui est un comble.

J'ai toujours autant l'impression d'entendre du vieux Polnareff dans certaines de ses chansons (et c'est un compliment), mais j'y découvre aussi aujourd'hui du John Lennon époque Working Class Hero. S'il a dû abandonner la partie biblique de son disque, il en reste le meilleur : 2000 Pigs In The Sea, qui a un côté tragi-comique assez prononcé mais peut laisser perplexe au premier abord.

En quelques disques à peine, Ernesto a réussi à s'imposer avec un son et un style reconnaissables entre mille. N'est-ce pas là l'apanage des grands ? Je pense que si et il serait vraiment dommage de passer à côté de son millésime 2010, car Ernesto est comme le vin de Bordeaux, il se bonifie avec le temps.

PS : Et chez les autres, on en pense quoi ? Vous pouvez en lire plus chez Thom, Guic, Klak, et Laiezza 

Publié dans Albums

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