Présentation

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 11 2009 23:21

Oui, c'était il y a un mois déjà, mais le concert est encore bien présent dans ma pauvre mémoire surchargée. Je n'ai pas loupé le coche une deuxième fois et j'avais donc pris mes places pour le Trabendo un bon mois en avance.

Vous connaissez le Trabendo ? Je n'y étais allée qu'une seule fois auparavant, il y a trois ou quatre ans, pour voir un groupe que je ne connaissais pas encore et pour lequel j'allais rapidement éprouver un violent rejet : Au Revoir Simone. Bref, je me souviens que nous avions tourné en rond à la Villette pendant un très long moment avant de tomber sur la salle et cette fois, les choses ne furent pas bien différentes. De nuit, si on n'est pas familier de l'endroit, il faut vraiment avoir de la chance pour tomber sur le Trabendo.



Une fois sur place, à peine le temps d'entrevoir la fin de la première partie et de commander une bière qu'il était déjà l'heure de s'approcher de la scène. Si nous avions su, nous en aurions commandé une deuxième parce que les Noisettes se firent un peu désirer.

Et finalement, le groupe fit son entrée sous les cris d'un public enthousiaste, avant d'entammer son set avec le titre Wild Young Hearts, et d'enchaîner avec l'horripilant single Don't Upset the Rhythm, puis le plus posé Sometimes. Mes premières impressions étaient assez mitigées. Malgré le côté sympathique des musiciens qui semblent ne pas se prendre du tout au sérieux, le tout manquait de tonus et la mayonnaise ne prenait pas vraiment. Les chansons étaient en effet toutes plus lentes que sur l'album, et la voix de Shingai Shoniwa semblaient fatiguée (pas étonnant puisqu'il s'agissait de la dernière date de leur tournée). Je sentais déjà ma mauvaise fois prendre le dessus et essayer de trouver des arguments pour défendre le groupe contre ses éventuels détracteurs après le concert, mais finalement, je n'eus pas besoin d'y avoir recours. Dès le morceau suivant, la chanteuse-bassiste et ses compères redressèrent la barre.



Dès lors, nous assistâmes à un véritable show et la température monta d'un cran. Pendant que Shingai chantait pliée en deux ou la tête en bas, accompagnée par deux choristes au talent discutable, l'impressionnant Jamie Morrison frappait de toutes ses forces sur sa batterie, avec une énergie qui semblait inépuisable (une fin de tournée ? Quelle tournée ?). De son côté, Dan Smith, plus en retrait adressait des signes au public en souriant (malgré les problèmes d'accord de l'une de ses guitares), visiblement à l'aise dans ses chaussures argentées . L'ambiance s'était transformée et autour de moi, le public avait commencé à se trémousser sans retenue.

Tour à tour disco, soul ou rock, les morceaux défilaient sans temps mort, et les Noisettes nous rappelèrent ainsi l'existence des deux meilleurs extraits de leur album précédent : Scratch Your Name et Don't Give Up. Pour Atticus, Shingai apparut à quelques mètres de nous au beau milieu de la foule médusée et termina sa prestation allongée sur le balcon. Tout cela nous amena progressivement à un final réussi sur Sister Rosetta.



J'attendais bien sûr le Every Now and Then qui n'allait pas tarder à arriver, car compte-tenu du potentiel tubesque du morceau, le groupe l'avait forcément intégré à son rappel. Shingai nous annonça d'ailleurs qu'il serait leur prochain single. Malheureusement pour moi, il fut assez bancal, à cause d'une harmonie douteuse entre les musiciens qui se rattrapèrent heureusement avec la reprise de clôture, Children of the Revolution de T-Rex.

Malgré un début laborieux, le concert s'acheva donc sur une note positive et chaleureuse, ce qui m'incite à vouloir revoir les Noisettes très vite, dans un contexte différent, c'est à dire pas en fin de tournée et de préférence dans une salle, ou dans un festival à la mesure de leur talent.


Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 1 novembre 2009 7 01 11 2009 15:10

Rhaaaaa, mais qu'est-ce qui m'a pris ce jour-là ?

Sur une initiative perverse de Xavier, notre ami Klak a jugé bon de me refiler ce tag maudit du David Bowie Blog Tour, alors que j'étais toute contente d'avoir échappé à la première session. J'avais certainement dû toucher un paiement en retard d'un client ce jour là, parce que j'étais de bonne humeur et j'ai donc accepté.

Je n'avais jamais eu envie de me pencher sur le cas Bowie jusque là, et ça aurait pu être l'occasion de faire une belle découverte mais c'était sans compter sur un tirage au sort des plus capricieux, qui me fit écoper de Young Americans. Non, parce que je voue un véritable culte à la pop et au rock anglais depuis un certain temps déjà, mais il a fallu que je tombe sur l'album de soul discoïsante de Bowie, sorti en 1975 avec pour objectif avoué de partir à la conquête des charts américains.



Soyons clairs : je ne connais rien à Bowie, et la soul n'est pas franchement ma spécialité, comme vous l'avez peut-être déjà constaté si vous parcourez parfois les pages de ce blog. Et je n'ai matériellement pas le temps de rattraper mon manque de culture en la matière en ce moment avec mes semaines de plus de 50 heures, alors nous ferons avec les moyens du bord.

Il faut dire que j'avais si peur de me mesurer à Bowie que je repoussais sans cesse le moment de procéder au tirage au sort, comme si je sentais qu'il ne me serait pas favorable, que j'allais me planter et que l'âme des fans de Bowie voulait me punir par avance de ne pas être plus en mesure de répondre à ses attentes.

Lorsque j'ai enfin su quel album m'avait été attribué, je n'osais pas le lancer sur ma platine. C'était comme si une force invisible me glaçait le sang dès que j'approchais du disque d'un peu trop près, et m'empêchait de l'écouter. Mais un soir, sans grand enthousiasme, je le glissai dans le lecteur malgré les fourmillements dans mes doigts, puis vaquai à mes occupations en l'écoutant d'une oreille.

Loin de m'impressionner, cette première écoute me plongea dans un état proche du désespoir. Une impression tenace de mièvrerie et de guimauve se dégageait du disque. Limite écoeurée, j'étaignis le disque et allai me coucher.

Mon sommeil fut peuplé de cauchemars tous plus horribles les uns que les autres dans lesquels des fans de Bowie acharnés me poursuivaient et me forçaient à écouter le disque. Je me retrouvais ensuite dans une vieille Citroen CX décapotable avec un autoradio pourri crachant joyeusement la mélodie du single Young Americans sur une petite route ensoleillée de la Côte d'azur. Ensuite, j'atterrissais dans une boîte de nuit aux murs recouverts de velours bordeaux, et on me servait de mauvais cocktails au curaçao bleu en me passant Fame en boucle, pendant que des guignols aux cheveux gominés et en pantalon pattes d'eph se trémoussaient sur la piste.

Je me réveillai en sursaut, alors que des gouttes de sueur perlaient sur mon front.

Ni une, ni deux, j'attrapai le disque et le jettai dans la poubelle. Tant pis, après tout. Il ne valait pas la peine de se mettre dans un tel état pour un blog, pour un article ! Xavier et Klak comprendraient que c'était plus fort que moi !

Mais c'était trop tard, la malédiction de Young Americans avait frappé et je le compris un peu plus tard ce matin là en allumant la radio. Parce que comme par hasard, France Inter avait subitement décidé de diffuser Fascination, comme ça, sans prévenir ! Interdite, je coupais le son, mais me posais tout de même des questions. Tout cela était pour le moins étrange.

Mais le pire était à venir. Au supermarché, la musique de Can You Hear Me me fit bondir alors que j'atteignais le rayon lessive. Mes cheveux se dressèrent sur ma tête, j'étais poursuivie. Tremblante, j'achevai mes courses, rentrai chez moi, et refermai la porte avec soulagement.

Depuis ce jour, je n'en suis pratiquement pas ressortie, mais je n'ai tout de même pas réussi à échapper à quelques notes de Who Can I Be Now, qui provenaient de l'étage du dessus, ni de Right, qu'un type écoutait à fond sur son portable dans la rue. J'ai trouvé la solution : j'ai fermé les volets. Je n'allume plus la télé, n'écoute plus la radio, et j'ai coupé le son de mon ordinateur. Bien entendu, je ne réponds pas non plus au téléphone. Je me fais livrer mes courses, mais je demande à ce que le livreur les laisse devant ma porte à une heure précise, par précaution.

Depuis qu'Halloween est passé, je me dis que la malédiction est peut-être terminée, mais je ne trouve toujours pas le courage de tenter une connexion avec le monde extérieur. Quelqu'un peut-il me dire s'il a déjà vécu un truc similaire et comment faire pour conjurer le mauvais sort ?

Par Cissie Blues - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 19 commentaires - Recommander
Lundi 28 septembre 2009 1 28 09 2009 21:24
La soirée ne s'annonçait pas aussi bien que cela car ma moitié, malade, avait renoncé à m'accompagner en milieu de journée, et il m'avait été impossible de lui trouver un remplaçant et plus encore une remplaçante.

Parce qu'il faut savoir qu'il est parfois difficile, lorsqu'on est amatrice de rock un peu lourd, de trouver des amies susceptibles de partager sa passion. Heureusement que j'ai eu l'occasion de cotoyer des musiciens et autres mélomanes dans ma vie, parce que sinon, je ne sais pas avec qui j'aurais pu avoir le plaisir de discuter de mes derniers coups de coeur en la matière.



Quoi qu'il en soit, manquer ce concert aurait été une hérésie, car depuis trois mois, ce disque fait partie des choses les plus excitantes qu'il m'ait été donné d'entendre et je salivais depuis des semaines devant l'affiche ci-dessus. Je ne connaissais quasiment rien de ce groupe dont The Babel Inside Was Terrible est pourtant déjà le cinquième album. Mais c'est plus qu'enthousiaste que j'ai finalement pris le chemin de la Maroquinerie parce qu'un groupe qui rappelle aussi bien Tool que 31 Knots mérite forcément le détour.

Deux premières parties étaient annoncées et si je n'avais jamais entendu parler de Zarboth, j'avais déjà jeté une oreille assez impressionnée sur le travail d'Osteti. Et je n'ai pas été déçue !

Et comme le hasard fait bien les choses, Zarboth est en fait composé du batteur et chanteur de We Insist!, Etienne Gaillochet, et du guitariste d'Osteti, Phil Reptile. Le premier, grand et maigre avec l'air très concentré, le deuxième épais, les cheveux tressés à la Pocahontas qui fait des blagues. C'est sans doute leur virtuosité qui frappe en premier tant leur technique est irréprochable, malgré des morceaux assez complexes. Au final, ils délivrent un rock oscillant entre noise, métal et indie dont les cassures rythmiques ne sont pas sans rappeler We Insist! eux-mêmes.

Puis, Osteti entra sur scène. Le trio ne faillit pas à sa réputation et nous offrit un set impeccable, entre slam, électro, trip-hop et jazz. Le chanteur-trompettiste, Britannique pince sans rire (pléonasme) du nom de Macdara Smith, peut sembler assez timide et gauche de prime abord, mais finit par se lâcher pour le plus grand bonheur d'un public visiblement conquis d'avance. Et c'est en coeur que tout le monde reprendra le traditionnel I Wanna Be Naked final, que Smith achèvera bien sûr en très petite tenue.



Arrivèrent enfin les stars de la soirée : We Insist!. Impressionnants de maîtrise et de technique, les cinq musiciens sont visiblement tous passionnés et absorbés par leur art. Chacun se donnera à fond. Après l'entrée en matière sur Déjà Vu, qui ouvre également l'abum, le groupe alternera environ un nouveau morceau sur deux. Déjà rodés par leur précédente tournée allemande, ils ne laissent passer aucune fausse note. Etienne Gaillochet, pas ménagé par la ligne de batterie, chante incroyablement bien, réussit toujours à trouver son souffle au milieu de cette fusion de rock, de hardcore et de free-jazz. Ce type est vraiment hallucinant.



Le groupe est d'un sérieux absolu, pendant les morceaux, mais également d'une grande humilité. Pourtant, le public ne s'y trompe pas et les cinq musiciens sont accueillis comme il se doit. Trouvant toujours l'équilibre entre mélodies vraiment percutantes et cassures rythmique, ils retombent toujours sur leurs pieds. Leur musique dégage une certaine urgence à côté de laquelle il serait dommage de passer. Un seul bémol pour cette soirée : avoir négligé de jouer le très beau Thoughtful Anatomy. Mais en dehors de ce détail, je conseille à tous les amateurs de ce type de musique d'aller les voir et d'acheter leur disque car ils méritent vraiment le détour et le fait qu'ils ne soient pas plus connus en France alors qu'ils jouent depuis 15 ans maintenant  n'est aujourd'hui plus tolérable.


We Insist! @ La Maroquinerie

(Je m'excuse de la qualité de cette vidéo, la faute à Dailymotion !)

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 1 septembre 2009 2 01 09 2009 19:13
Il y a quelques temps de cela, je me laissait porter par le monospace confortable de mon quasi-beau-père lorsque j'entendis une mélodie sympathique dans l'autoradio. Jusque là, rien que de très banal et je n'y avais pas vraiment prêté attention de prime abord. Cet épisode aurait sans doute été oublié si un ou deux mois plus tard, la même chanson n'était pas passée dans ce même autoradio, dans cette même voiture, sur la même fréquence, mais sur un autre trajet (ne poussons pas le bouchon).

Bref, cette fois-là, je me dis tout de même que ce titre en français avait quelque chose de spécial, un petit plus par rapport à la masse informe que représente ce que l'on appelle la "nouvelle scène" de notre beau pays. Mais je l'oubliai de nouveau.



Tenace et persévérant, il me revint en mémoire au réveil le lendemain matin et ne me quitta plus. Excédée, je googlisai donc les paroles pour savoir qui en était le propriétaire.

Je le retrouvai sans trop de peine : il s'agissait d'un dénommé Babx qui entre autres attributs, était doté d'une tête chevelue et pas franchement sympathique, et sa chanson portait le nom pour le moins énigmatique d'Electrochoc Ladyland. Mais bon, puisque j'en étais là, je me dis que je pouvais bien écouter son album sur Deezer. En faisant quelques recherches, je découvris qu'il en avait déjà composé un autre par le passé. Celui-ci, qui porte le nom de son auteur, annonçait déjà tout le talent de Babx, en dépit d'un niveau assez inégal entre les chansons. Il contenait malgré tout deux pépites tellement géniales qu'elles auraient de quoi décourager n'importe qui qui déciderait de se lancer dans une carrière musicale tant le niveau pourrait sembler élevé : Silicone Baby et Crack Maniac.

C'est en avril que l'album Electrochocs Ladyland vit le jour à son tour. Et là, stupeur : cet album devint une obsession. Je n'écoute que peu de chanson française à part Thomas Fersen, comme chacun ici commence sans doute à le savoir, mais celles de ce jeune auteur compositeur à peine plus vieux que mois (tout juste un an) se mirent rapidement à me trotter dans la tête toute la journée, et impossible de les en déloger.



Il faut dire que Babx a de qui tenir : il revendique l'influence de Léo Ferré, Tom Waits, Bashung mais à la différence d'autres génies autoproclamés, on entend réellement ces influences dans sa musique. Et sentir planer l'ombre de Tom Waits sur un disque français est suffisamment rare pour être souligné.

Issu d'une famille d'artistes plutôt aisés, il a su tirer parti au mieux de son héritage culturel pluridisciplinaire et est aujourd'hui tout aussi passionné par la musique que par la poésie ou le cinéma. Certaines de ses mélodies ont d'ailleurs parfois un goût de bande originale de film.

Mais en dehors de ça, sa musique extrêmement riche et soignée tourne autour de piano, de banjo, de contrebasse, de percussions rafinées, de cuivres traditionnels et d'une voix grave et pénétrante qui scande (comme dans l'excellent Mourir au Japon, qui n'est en outre pas dénué de second degré) ou chante avec une puissance parfois étonnante au gré de ses envies (Lady L. ou Electrochocs Ladyland).

Quant aux textes, ils ne sont pas en reste ! Si l'on a parfois l'impression d'une complexité prétentieuse frabriquée à coup de dictionnaires des rimes ou des synonymes, l'ensemble est tellement cohérent que l'on oublie rapidement ce détail pour plonger dans toute leur profondeur et n'en garder que le meilleur : la poésie qui en émane et qui réussit très souvent à me filer des frissons.



Par Cissie Blues - Publié dans : Découvertes - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 9 août 2009 7 09 08 2009 15:00

Quand Guic' m'a demandé de faire cette sélection, je me suis sentie honorée d'avoir été choisie pour parler de rien de moins que mon groupe préféré de tous les temps, et j'ai commencé une liste de mes titres... Evidemment, je me suis rapidement retrouvée avec quinze chansons, et chaque jour, j'en barrais une, pour finalement aboutir à ce qui suit. Rien de très original, je l'admets. J'aurais pu vous parler de mon attachement particulier à Days, de mon amour pour Afternoon Tea ou Lazy Old Sun, de ma franche rigolade quand j'ai compris les paroles de Lola... Et puis non. Rien ne vaut les classiques ou presque, alors s'il devait n'y en avoir que cinq, pour moi, ce serait celles-là (du moins pour cette semaine) :

Sunny Afternoon : Avec cette chanson, on touche à l'essence de ce qu'étaient les Kinks et de ce qu'ils représentent pour le public aujourd'hui. Mais surtout, c'est l'une des premières chansons du groupe que j'ai connues après You Really Got Me et All Day and All of The Night et j'ai été très choquée. La langueur qui se dégage de cette mélodie, ce soleil écransant, la critique si actuelle de l'aristocratie britannique, je découvrais progressivement toutes les caractéristiques de ce qui allait devenir mon groupe préféré et que je ne soupçonnais pas le moins du monde jusque là.

Dead End Street : Ici, les Kinks s'attaquent à la médiocrité de la qualité de vie de la classe ouvrière d'Angleterre. Ray Davies a réellement trouvé sa voie avec l'album Face to Face : il va décrire le quotidien pas toujours rose de ses contemporains, non sans une pointe d'ironie toute britannique. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est réussi. Ce titre respire la mélancolie. Les premières notes au piano me filent toujours instantanément le bourdon.

Picture Book : Celle-ci est un peu plus gaie. On y retrouve un autre thème cher au groupe : la nostalgie. On feuillette tout simplement l'album de famille et on se souvient de tous les évènements qui ont marqué une vie. Ray Davies affirme qu'avec cette chanson, il se moque des personnes qui regardent des photos pour se prouver qu'ils s'aimaient il y a longtemps. J'aime particulièrement le rythme de cette chanson et l'humour, très présent une nouvelle fois (les Scoobidoobidoo sont du meilleur effet).

Apeman : Là encore, nous nous trouvons face à l'un des thèmes de prédilection du groupe : la nature. D'aucuns penseront : oui, le refrain du "c'était mieux avant", on connait ! Je leur répondrai que tout de même, ce titre date de 1970 ! La nostalgie n'était pas autant à la mode qu'aujourd'hui, mais déjà, Ray Davies voyait d'un mauvais œil le progrès technique et s'imaginait loin de la ville, dans un cocotier (avec une jolie femme pas trop loin tout de même). Et le mieux là-dedans, c'est qu'il n'est même pas ridicule !

Autumn Almanac : Voici un autre petit bijou pop universel qui décrit à merveille le quotidien d'un jour d'automne. Le fait que les couplets soient tous différents les uns des autres, tant dans leur structure que dans leur mélodie, fait toute la complexité et la particularité de cette chanson qui semble si simple et naïve au premier abord. Ray y clame son amour pour sa rue qu'il voudrait ne jamais quitter, sentiment d'où découlent en fait plus ou moins toutes ses meilleures chansons !






Par Cissie Blues - Publié dans : Ma Musique & Moi - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Mercredi 24 juin 2009 3 24 06 2009 19:10

Depuis quelques temps déjà, je surveille fébrilement la page Myspace de Natasha Le Jeune (ex AS dragon, à propos de laquelle j'ai déjà dit tout le bien que je pensais), espérant y découvrir une nouvelle date de concert. Et puis l'autre jour - stupeur - j'ai vu que non seulement elle avait changé de nom, mais qu'en plus, elle s'apprêtait à investir la scène de l'International.

Accompagnée à présent de Benjamin Lebeau (ex The Film, qui joue actuellement dans The Shoes) et entre autres, de son fidèle compère Michaël Garçon, toujours au clavier, Natasha a désormais un vrai groupe rien qu'à elle et c'est sans doute préférable, en raison de son charisme relativement imposant.  Les nouveaux morceaux postés sur le Myspace avaient pour la plupart un petit goût de revenez-y, et revoir Natasha sur scène après trois ans d'absence était bien trop tentant pour louper ça. Et pour ceux qui en douteraient encore, je vais sortir mon ultime argument : c'était gratuit.

Je ne connaissais pas l'International ,qui a ouvert ses portes en septembre dernier dans le 11e arrondissement de Paris mais je suis ravie d'avoir découvert bar à concert à la programmation particulièrement riche. Beaucoup d'espace au rez de chaussée (avec un bar longeant le mur sur la gauche) mais encore plus au sous-sol, où se trouve la scène (assez étroite par contre). Quelques fauteuils entourant de larges tables et un deuxième bar permettent de patienter confortablement en attendant le début des concerts.

Arrivée trop en retard pour assister à la première partie assurée par Birdy Hunt, je patientais dehors avec ma moitié en attendant le début de la prestation d'Oh La La ! lorsque j'aperçus Natasha qui discutait avec ses amis (qui constituaient visiblement une bonne partie du public). Croyez-le ou non, à la lumière du jour, son sex-appeal n'est plus du tout aussi évident. La peau irrégulière, les dents grisées par l'abus de tabac, impossible d'imaginer que cette fille allait se transformer moins d'une demi-heure plus tard en fantasme ambulant.



Bref, cela ne m'a pas rebutée pour autant et lorsque 22h15 sonnèrent, je descendis prudemment l'escalier pour ne pas risquer d'être mal placée. En fait, le groupe dépassa l'horaire de 10 bonnes minutes, prenant son temps, pour changer de t-shirt ou de chaussures... Mais changer de t-shirt n'était pas au programme pour tout le monde, puisqu'une bonne partie des musiciens portait de vieilles loques rongées aux mites, Natasha en tête.

Enfin, le concert put commencer. Nous fûmes immédiatement plongés dans le bain avec un Relax qui ne porte pas vraiment bien son nom, puisqu'il dévoila en live son côté tendu et stressé qui nous réveilla instantanément. Natasha était égale à elle-même malgré le manque d'espace et le micro qui avait une fâcheuse tendance à se scinder en deux parties : distante et désinvolte ; sensuelle et effrayante. Avec ses tétons agressifs pointant méchamment vers nous sous son t-shirt (troué), elle ondulait contre les parois de la scène sous les flashs des nombreux photographes amateurs présents dans la salle, et dansait furieusement dans sa salopette taille basse.



Quelques engueulades et un morceau de scotch plus tard, le concert se poursuivit avec une ribambelle de nouveaux morceaux excitants dont je n'ai pas retenu les noms. Plus électronique qu'AS Dragon (le côté années 80 est plus présent que jamais), avec des textes plus sulfureux aussi, Oh La La ! est extrêmement convaincant sur scène, d'autant que l'on sait que le nombre de leurs prestations à ce jour doit pouvoir se compter sur les doigts des deux mains. Chacun est à sa place, on n'a pratiquement pas détecté les petites imperfections qui parsèment normalement les débuts scéniques d'un groupe, et les musiciens m'ont tous semblé excellent. Certes, Michaël Garçon est relativement inactif pendant le set, mais le voir mâcher son chewing-gum d'un air blasé ou jouer avec Natasha participe à l'ensemble et renforce l'impression de cohésion que l'on sent déjà entre les membres du groupe. Le bassiste est cependant plus effacé, mais n'est-ce pas le cas de tous les bassistes de rock ?



Goodbye Superman, leur morceau le plus récent à ce jour, n'a pas choqué l'oreille des spectateurs et tout semblait assez bien maîtrisé. Entre les chansons, Natasha parlait peu, tout s'enchaînait à une vitesse assez effrénée et une heure plus tard, nos cinq amis avaient fini de nous présenter toutes les chansons de leur jeune répertoire. Alors quand l'heure du rappel arriva, point de chanson d'AS Dragon pour combler les vides : c'est avec un nouveau Relax que le groupe remonta sur scène, après quelques verres de ce qui semblait être de la vodka, et il fut encore mieux que le précédent.

Placée au premier rang, c'est à peine si j'ai pu décoller mes yeux de Natasha. Son magnétisme animal a encore fait des siennes et elle m'a une nouvelle fois hypnotisée par son jeu de scène. En sueur à la fin, elle remercia rapidement les gens d'être venus et sortit de la scène le plus naturellement du monde. Dans la salle et jusque dans l'escalier, le public s'essuya le front et tenta de reprendre son souffle.

Aucun doute, Natasha is back. Et ça fait du bien.





Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Dimanche 21 juin 2009 7 21 06 2009 16:45

Après avoir loupé le coche en mai, la rubrique du top de mes écoutes format MP3 revient en juin avec plus de bouleversements que jamais.

Tout d'abord, nous pouvons dire adieu à 31 Knots, sa saison est passée. En effet, en ce premier jour de l'été, il ne reste aujourd'hui plus que quelques titres pêle-mêle dans la section non classée de mon petit lecteur. Mais il me semble cependant que de si longs mois passés dans mes oreilles méritent quelques applaudissements.

Adieu aussi Pete Doherty. Le retour de ses ennuis avec la justice coïncide avec sa disparition dans mon MP3.  Là où le bât blesse, c'est que son ami Adam Ficek trône plus que jamais parmi les albums en écoute avec son Roses Kings Castles qui s'accroche à sa place de toutes ses forces. Après un certain nombre d'écoutes, je ne me lasse toujours pas de ses petites ritournelles légères, harmonieuses et amusantes qui pour le coup, collent parfaitement à la saison.

Comme prévu, Les Claypool et Oxmo Puccino ont eu aussi laissé leur place à de petits nouveaux.

Mais qui ? Qui ? Je sens une nouvelle fois d'ici votre curiosité.

 

Les deux albums des Noisettes ont été les premiers à faire leur entrée dans mon baladeur. Mais finalement, par manque de place, je n'ai conservé aujourd'hui que Wild Young Hearts, en prenant soin de ranger Don't Give Up et Scratch Your Name dans mon petit fourre-tout.

Le nouvel Eminem, Relapse, sorti le 18 mai dernier, est également venu se frayer un chemin parmi les albums du mois. Malgré sa longueur inutile et un premier single poussif, caricatural et peu représentatif du reste de l'album, on trouve sur ce disque quelques bonnes pépites dignes des débuts albums du rappeur de Détroit, qui n'a perdu ni sa verve ni son excellent phrasé et nous prouve qu'à 35 ans, il n'est pas encore à la retraite, loin s'en faut. A écouter en priorité : Bagpipes From Bagdad, 3 a.m, My Mom, Insane ou Old Times Sakes en duo avec Dr Dre.



Ensuite, évidemment, le nouveau Eels, Hombre Lobo est lui aussi venu grossir les rangs des nouveautés de mes écoutes et ma foi, E a encore fait un travail honnête et arrive toujours autant à me filer le bourdon. Comme je le lisais récemment sur sa page Myspace, ce disque a la faculté assez saisissante de faire parfois rire, mais parfois aussi pleurer. Déclencher ces deux types d'émotion dans un seul disque est un talent suffisamment rare pour que je sois reconnaissante à E de son travail et que je continue à le suivre avidemment à chaque nouvelle sortie.

Qu'avons-nous encore sous la main ? Alors à noter, le retour d'un rock un peu plus musclé avec les Gallois de Future of the Left que j'ai adoptés immédiatement, dès la première écoute, sans même savoir qu'ils étaient en partie formés d'anciens membres de McLusky. Leur Travel With Myself And Another (sortie demain) est assez bien ficelé, énergique et râpeux juste comme il faut, avec un bon équilibre entre chant et chant hurlé, et me rappelle une époque révolue passée dans les sous-sols de bars PMU aménagés en salles de concerts à bouger la tête en rythme. Une belle découverte.



Mais mon coup de coeur du mois, c'est ce cher Butch Mc Koy qui a délaissé momentanément son groupe I love UFO pour nous concoter son plus personnel Welcome Home, dont Thom a déjà parlé ici. Je ne sais pas quoi ajouter et mon enthousiasme par rapport à ce disque étant en train de ronger ce qu'il pourrait éventuellement me rester d'esprit analytique, je vais me contenter de vous dire une chose : achetez-le ! Achetez-le ! Achetez-le ! J'ai glissé un écouteur dans mon oreille gauche alors que je vous parle, et j'en suis encore toute retournée ! Ce disque est vraiment étonnant et excellent.



Pour être tout à fait honnête, il faudrait que j'avoue aussi que j'ai ajouté par curiosité à mon lecteur MP3 l'album de démos de Soan, le gagnant de la Nouvelle Star de cette année (ouaip, même pas peur du ridicule). Bref, polémique mise à part, Nouvelle Star mise à part, imaginons que vous soyez chez vous en train de vagabonder sur Myspace et que vous tombiez sur ça. Après avoir vérifié que vous ne vous trouviez pas sans le savoir sur la page des Têtes Raides, vous pourriez, tout comme moi, vous laisser prendre par la jolie mélodie de Pustule ou de Conquistador et même vous dire que le bougre n'écrit pas mal du tout... (si, si, vraiment)

A voir cette nouvelle sélection, une chose est sûre : on ne pourra pas m'accuser d'être sectaire ! Je dois ajouter à cette liste de nouveaux albums des titres collector ressortis du grenier et jetés ça et là dans ma playlist personnelle (entre autres : Celebrity Skin de Hole, une version de People Are Strange par Echo and The Bunnymen, Child in Time de Deep Purple, I Feel Free de Cream) et cela devrait achever de vous convaincre.



Par Cissie Blues - Publié dans : Entrées et sorties de mon MP3 - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 11 juin 2009 4 11 06 2009 10:00

Je repousse cet article depuis déjà presque une semaine, croulant sous le travail et la paresse. Pourquoi ? La qualité du concert serait-elle à mettre en doute ? Pas le moins du monde.

Je n'avais mis les pieds au Bataclan qu'une seule fois, et même pas pour un concert. C'est pourtant regrettable tant l'architecture de la salle est originale et s'accorde admirablement avec l'artiste dont j'ai pu admirer le talent la semaine dernière.

Arrivée suffisamment tôt pour assister à la première partie assurée par The Legendary Tiger Man qui m'intriguait assez, j'ai cependant cédé aux appels de la terrasse voisine avec mon cher et tendre pour profiter un peu du soleil et d'un moment de détente avant d'investir les lieux. La salle s'est alors rapidement remplie sans jamais menacer de craquer et le concert commença.

Fidèle à son image de dandy, Jarvis Cocker foula la scène dans un costume, avec une veste, une cravate, ses petites lunettes carrées et ses cinq musiciens. Installé à Paris depuis 6 ans, le chanteur tenta de s'exprimer dans notre langue pendant la majorité du concert, avec plus ou moins de succès. il s'en excusa d'ailleurs auprès de nous car il jugeait cela honteux.



Il ouvrit le spectacle avec Pilchard, extrait de son nouvel album Further Complication, et se mit instantanément à se trémousser sur scène dans un style assez curieux qui n'appartient qu'à lui, mais que je pourrais à la limite rapprocher de l'attitude de Christophe Willem, dont il partage la carrure squelettique. Cette espèce de nonchalance de pantin désarticulé contribua grandement au spectacle de près de deux heures qui allait suivre. Ce personnage oscillait sans cesse entre calme désinvolte et énergie bondissante.

La première chanson achevée, il nous expliqua qu'il s'appelait Jarvis, et nous présenta tous les membres de son groupe, pour introduire de façon pertinente Angela, deuxième titre de la setlist. A ce stade, j'avais déjà capté l'ambiance du concert, une sorte de réunion entre copains, où le sentiment de décontraction était si fort, que si d'autres personnes étaient montées sur scène pour faire un boeuf avec lui, cela ne m'aurait pas étonnée plus que ça.

Suivirent beaucoup de nouveautés, (Further Complications, Slush, I Never Said I Was Deep...), mais aussi quelques titres de son album précédent (Big Julie ou Black Magic). La manière de chanter de Jarvis Cocker a cela de particulier qu'il peut donner l'impression de raconter plus de petites histoires que de chanter à proprement parler et pourtant, il n'y a aucun doute sur le fait que sa musique soit du rock'n roll. L'état de sa chemise à la fin du concert en témoigne.



Très charmant, très Anglais aussi, Jarvis Cocker discuta avec son public tout au long de la soirée pour nous conter des anecdotes ou apprendre quelques mots de français, ce qui renforça cette atmosphère chaleureuse et conviviale (la moitié de cette conversation suivante doit être imaginée avec un accent britannique très prononcé) :

- Comment on dit "on board" ?
- "A bord".
- How do you say? "A bord" ?
- Oui
- Cette chanson a été écrite à bord d'un bateau...

Plusieurs personnes dans l'assistance avaient apparemment assisté au travail de Jarvis et de son groupe lors de leur résidence à la Galerie Chappe entre le 5 et le 10 mai derniers et c'est avec une certaine nostalgie qu'il évoqua ces moments privilégiés partagés avec son public. Il faut avouer que l'artiste semble bavard et qu'il doit créer des liens avec les gens assez facilement.

Il paraissait tellement à l'aise sur la scène qu'il avait l'air de ne pas vouloir la quitter et ce n'est qu'après trois rappels, pendant lesquels il nous interpreta une Fuck Song survoltée, et une Disco song qui traîna en longueur et lui donna l'occasion d'utiliser la boule à facettes accrochée au plafond de la salle, qu'il consentit à nous laisser rentrer chez nous. Nous le laissâmes alors nous aussi regagner les coulisses, en nage et apparemment content de sa prestation, sans échanger nos numéros et sans promesses de nous appeler bientôt, mais en espérant tout de même que nous n'aurions pas trop à attendre avant de nous revoir.

(en raison d'un malencontreux oubli d'appareil, les photos illustrant cet article proviennent du blog http://karmacoma.fr)

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 22 mai 2009 5 22 05 2009 12:42

Le billet annonçait la couleur : soirée Custom, la soirée mensuelle des Inrocks, avec Heartless Bastards, Fan Death et enfin Akron Family. Et si je lis relativement rarement l'hebdomadaire culturel, j'étais justement tombée une semaine avant sur une très bonne chronique de l'album des premiers (je m'étais d'ailleurs demandé à ce sujet si un concours de la plus moche pochette d'album n'avait pas été organisé entre certains groupes).

Mon planning étant plutôt chargé ces derniers temps, j'avais pour une fois dérogé à la règle voulant que j'écoute systématiquement les albums des groupes avant de les voir sur scène, et n'avait donc qu'une très faible idée de ce qui m'attendait.

Cela faisait déjà un petit moment que je n'avais pas remis les pieds au Nouveau Casino, mais je me souvenais très bien y avoir vu Mark Lanegan et les Soulsavers il y a quelques années, ainsi que les feu Groovy Ghoulies à peu près à la même époque. L'agencement du lieu, doté d'une charmante mezzanine désormais équipée d'un "espace fumeur" ajoutait un côté convivial assez agréable.

La salle était presque déserte à mon arrivée et les pauvres Heartless Bastards (qui ne faisaient pas vraiment peur, malgré leur nom) ont exécuté leur set d'une demi-heure devant un parterre d'un maximum de 15 personnes. Pendant ce temps, là, à l'étage, je cherchais la meilleure place pour voir la scène tout en buvant un coup, car il régnait ce soir-là une atmosphère assez étouffante. Le groupe jouait un rock parfois très connoté années 90, très Pixies, parfois très années 70, chanté par une fille à frange à la voix chaude et envoutante qui se laissait bien écouter, ma foi.



Puis, Fan Death est arrivé et ce fut une autre histoire... Que dire ?  Encore un énième truc branché horrible, sans aucun intérêt, sorte d'hommage à ce que les années 80 ont pu faire de pire, agrémenté de quelques petites touches de musique asiatique assez mal-à-propos. Beurk, j'ai cru que j'allais défaillir. Le pire dans cette histoire étant que nous avons dû subir ça pendant 3/4 d'heure, 3/4 d'heure vraiment très longs. La seule chose qui pourrait être sauvée de ce naufrage était le visuel, avec une chanteuse complètement barrée en kimono qui se trémoussait dans tous les sens, j'allais regretter de ne même pas avoir pris la peine de photographier ce moment assez unique dans une vie.

Juste le temps de nous interroger sur la pertinence de cette programmation en première partie d'Akron Family et de redescendre dans l'arène que les New-Yorkais foulaient à leur tour la scène du nouveau Casino. Je m'attendais à ce qu'ils soient relativement nombreux, et fus donc surprise de constater qu'il ne s'agissait que d'un trio. Par ailleurs, il faut savoir que si j'ai signalé dans ces pages que leur dernier album valait le détour, il n'en reste pas moins que je les trouve souvent ennuyeux sur disque, et que pour moi, seuls trois ou quatre titres sortent vraiment du lot dans Set 'Em Wild, Set 'Em Free. J'étais donc un peu sceptique mais j'avais tout de même bon espoir de les découvrir sous une perspective nouvelle et intéressante en concert.




Heureusement pour moi, ce fut le cas.

Après une entrée en matière plutôt brouillonne et laborieuse dans une harmonie vocale bancale (dont le guitariste est largement responsable) sur They Will Appear, le trio se rattrapa parfaitement dès l'enchaînement avec ma chanson préférée de l'album, River qui fut magistralement interprétée. Lorsque j'entendis les premières notes de The Alps ans Their Orange Evergreen, je commençai néanmoins à m'inquiéter un peu, en me disant que si mes chansons préférées défilaient à cette vitesse, ils allaient devoir caser les titres moins bons au milieu de leur set et plomber mon concert. Et finalement, ils ont réussi à trouver un équilibre entre anciens morceaux et nouveautés sans jamais que mon attention faiblisse (sauf peut-être sur Creatures ou je me suis ennuyée, comme c'était prévisible).



Le batteur (qui est également le meilleur chanteur des trois, il faut le préciser) tapait sur son instrument à rythme tel, que je le surveillais avec appréhension dans l'attente d'un éventuel couac. Mais de couac il n'y eut pas, du moins de sa part, et c'est heureux puisqu'un plantage de batterie à cette vitesse ne serait pas passé inaperçu. Ses deux acolytes, pour leur part, firent aussi du bon boulot, malgré quelques fausses notes ici ou là. Mais la technicité de certains titres les obligeait à beaucoup de concentration.

Pourtant, ces trois gentils hippies n'en semblaient pas moins sympathiques et décontractés. Ils dégageaient une espèce d'aura et de chaleur humaine très confortable pour nous. Et je me suis laissée embarquer dans leurs rythmes tribaux jusqu'à me mettre presque à danser, ce qui est assez exceptionnel de ma part.

Ils conclurent justement le set, comme je le pressentais, avec un Everyone is Guilty qui mit le public en transe. Tout le monde bougeait ses fesses, tapait des mains et participait à la grande messe, en totale communion. Ce fut vraiment un très bon moment. Et malgré l'heure qui tournait et les contraintes assez strictes du Nouveau Casino, le groupe remonta sur scène pour un rappel de deux titres qui vint ponctuer 1h10 de concert. Ils terminèrent par un magnifique Sun Will Shine, chanté presque a capella et cette fois, leurs trois voix s'accordèrent parfaitement. J'avais vraiment l'impression d'assister à une prière apaisante et optimiste.



Alors, verdict ? Sur scène Akron Family arrive à capter l'attention du public même avec les titres les plus lents et les plus complexes et leur côté ennuyeux s'évanouit alors comme par magie pour ne laisser qu'une impression de chaleur et d'énergie qui nous emporte sur son passage. A tel point qu'en fin de concert, une fan plus qu'enthousiaste leur cria : "Non ! N'arrêtez pas de jouer !!". En ce qui me concerne, reprendre une part de ce gâteau aurait sans doute pu me faire frôler l'indigestion et j'ai trouvé au contraire la longueur du set idéale. Il ne m'en fallait pas plus, car plus aurait risqué d'être moins bien et la longueur de certains morceaux aurait inévitablement déclenché chez moi des baillements, ce qui a été évité avec brio au cours de cette soirée.

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Mercredi 6 mai 2009 3 06 05 2009 18:41

Pourquoi ?

Tout simplement parce que leur dernier album est un bijou de pop intelligente et brute à la fois, qui manie à merveilles tous les codes du genre, sans délaisser les textes pour autant. De la musique universelle, je vous dis. Rien que ça.

Prenez un trio guitare/basse/batterie, la fougue et l'énergie inhérentes à la jeunesse, une bonne dose d'inconscience et le charisme sauvage d'une chanteuse/bassiste qui a tout d'une icône, et vous aurez une petite idée de qui sont les Noisettes. Tout débuta pour eux en 2007 avec un premier album remarqué : What's the time Mr Wolf aux sonorités en majorité rock et punk qui leur valut rapidement d'être qualifiés de meilleur groupe live d'Angleterre. Et d'après ce que j'en ai entendu dire, c'est toujours le cas.

Ils reviennent cette année avec un opus pour le moins déroutant pour qui s'attendait à retrouver les ingrédients qui ont fait le succès du premier. En effet, le premier single extrait de Wild Young Hearts, intitulé Don't Upset the Rythm surprend par son électronicité, ses rythmes clairement disco et son refrain martelé et hypnotique.




Mais que leur est-il arrivé, vous direz-vous ?

Refusant de s'enfermer dans la case Indie, dans laquelle on les avait pourtant déjà rangés, les Noisettes ont tout simplement cassé la cloison, et tout piétiné sur leur passage, Shingai Shoniwa allant même jusqu'à déclarer récemment : "Indie is boring, dead and over". C'est dit ! Voilà donc pourquoi ce nouvel album navigue tranquillement et avec un équilibre extraordinaire entre pop disco (Wild Young Hearts, Saturday Night), ballades soul (l'excellent Sometimes qui ouvre le disque ou encore le non moins classieux Every Now and Then), R&B oldschool que Phil Spector et Amy Winehouse ne renieraient pas (24 hours ago, et surtout Never Forget You).

On pense évidemment à Blondie (sur Beat of my Heart par exemple), quoique la voix teintée de soul de la chanteuse d'origine zimbabwéenne n'ait pas grand chose à voir avec celle de Debbie Harry, à Grace Jones, et personnellement je pense aussi souvent à AS Dragon période Natasha, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et surtout, on est totalement emporté par l'ouragan de ce disque. Dès la première écoute, le MP3 intégré dans mon cerveau a retenu la quasi-totalité des chansons pour me les diffuser ensuite régulièrement, de préférence lorsque j'essayais de me concentrer sur ma traduction actuelle, ou avant de dormir, à mon grand désarroi. Cela fait de ce disque un plaisir instantané.




Cet article est-il honnête ? Non. Autant l'avouer, je suis totalement partiale et mon enthousiasme primaire pour cet album acidulé n'est pas totalement justifié. On frôle parfois le mauvais goût tendance Kylie Minogue et boule à facettes et certains morceaux (le single notamment) sont trop répétitifs. Il n'en faut pas beaucoup non plus pour entendre les grosses ficelles utilisées pour appâter l'auditeur. Mais j'adore ce disque ! Je le trouve rafraîchissant, pas prétentieux, j'en trouve la construction parfaite et la voix de Shingai me bouleverse

Je ne regrette finalement qu'une seule chose là-dedans : les avoir loupés à la Boule Noire le 23 avril dernier !

Par Cissie Blues - Publié dans : Albums - Communauté : Le Monde du Rock
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés