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Mercredi 24 juin 2009

Depuis quelques temps déjà, je surveille fébrilement la page Myspace de Natasha Le Jeune (ex AS dragon, à propos de laquelle j'ai déjà dit tout le bien que je pensais), espérant y découvrir une nouvelle date de concert. Et puis l'autre jour - stupeur - j'ai vu que non seulement elle avait changé de nom, mais qu'en plus, elle s'apprêtait à investir la scène de l'International.

Accompagnée à présent de Benjamin Lebeau (ex The Film, qui joue actuellement dans The Shoes) et entre autres, de son fidèle compère Michaël Garçon, toujours au clavier, Natasha a désormais un vrai groupe rien qu'à elle et c'est sans doute préférable, en raison de son charisme relativement imposant.  Les nouveaux morceaux postés sur le Myspace avaient pour la plupart un petit goût de revenez-y, et revoir Natasha sur scène après trois ans d'absence était bien trop tentant pour louper ça. Et pour ceux qui en douteraient encore, je vais sortir mon ultime argument : c'était gratuit.

Je ne connaissais pas l'International ,qui a ouvert ses portes en septembre dernier dans le 11e arrondissement de Paris mais je suis ravie d'avoir découvert bar à concert à la programmation particulièrement riche. Beaucoup d'espace au rez de chaussée (avec un bar longeant le mur sur la gauche) mais encore plus au sous-sol, où se trouve la scène (assez étroite par contre). Quelques fauteuils entourant de larges tables et un deuxième bar permettent de patienter confortablement en attendant le début des concerts.

Arrivée trop en retard pour assister à la première partie assurée par Birdy Hunt, je patientais dehors avec ma moitié en attendant le début de la prestation d'Oh La La ! lorsque j'aperçus Natasha qui discutait avec ses amis (qui constituaient visiblement une bonne partie du public). Croyez-le ou non, à la lumière du jour, son sex-appeal n'est plus du tout aussi évident. La peau irrégulière, les dents grisées par l'abus de tabac, impossible d'imaginer que cette fille allait se transformer moins d'une demi-heure plus tard en fantasme ambulant.



Bref, cela ne m'a pas rebutée pour autant et lorsque 22h15 sonnèrent, je descendis prudemment l'escalier pour ne pas risquer d'être mal placée. En fait, le groupe dépassa l'horaire de 10 bonnes minutes, prenant son temps, pour changer de t-shirt ou de chaussures... Mais changer de t-shirt n'était pas au programme pour tout le monde, puisqu'une bonne partie des musiciens portait de vieilles loques rongées aux mites, Natasha en tête.

Enfin, le concert put commencer. Nous fûmes immédiatement plongés dans le bain avec un Relax qui ne porte pas vraiment bien son nom, puisqu'il dévoila en live son côté tendu et stressé qui nous réveilla instantanément. Natasha était égale à elle-même malgré le manque d'espace et le micro qui avait une fâcheuse tendance à se scinder en deux parties : distante et désinvolte ; sensuelle et effrayante. Avec ses tétons agressifs pointant méchamment vers nous sous son t-shirt (troué), elle ondulait contre les parois de la scène sous les flashs des nombreux photographes amateurs présents dans la salle, et dansait furieusement dans sa salopette taille basse.



Quelques engueulades et un morceau de scotch plus tard, le concert se poursuivit avec une ribambelle de nouveaux morceaux excitants dont je n'ai pas retenu les noms. Plus électronique qu'AS Dragon (le côté années 80 est plus présent que jamais), avec des textes plus sulfureux aussi, Oh La La ! est extrêmement convaincant sur scène, d'autant que l'on sait que le nombre de leurs prestations à ce jour doit pouvoir se compter sur les doigts des deux mains. Chacun est à sa place, on n'a pratiquement pas détecté les petites imperfections qui parsèment normalement les débuts scéniques d'un groupe, et les musiciens m'ont tous semblé excellent. Certes, Michaël Garçon est relativement inactif pendant le set, mais le voir mâcher son chewing-gum d'un air blasé ou jouer avec Natasha participe à l'ensemble et renforce l'impression de cohésion que l'on sent déjà entre les membres du groupe. Le bassiste est cependant plus effacé, mais n'est-ce pas le cas de tous les bassistes de rock ?



Goodbye Superman, leur morceau le plus récent à ce jour, n'a pas choqué l'oreille des spectateurs et tout semblait assez bien maîtrisé. Entre les chansons, Natasha parlait peu, tout s'enchaînait à une vitesse assez effrénée et une heure plus tard, nos cinq amis avaient fini de nous présenter toutes les chansons de leur jeune répertoire. Alors quand l'heure du rappel arriva, point de chanson d'AS Dragon pour combler les vides : c'est avec un nouveau Relax que le groupe remonta sur scène, après quelques verres de ce qui semblait être de la vodka, et il fut encore mieux que le précédent.

Placée au premier rang, c'est à peine si j'ai pu décoller mes yeux de Natasha. Son magnétisme animal a encore fait des siennes et elle m'a une nouvelle fois hypnotisée par son jeu de scène. En sueur à la fin, elle remercia rapidement les gens d'être venus et sortit de la scène le plus naturellement du monde. Dans la salle et jusque dans l'escalier, le public s'essuya le front et tenta de reprendre son souffle.

Aucun doute, Natasha is back. Et ça fait du bien.





Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 21 juin 2009

Après avoir loupé le coche en mai, la rubrique du top de mes écoutes format MP3 revient en juin avec plus de bouleversements que jamais.

Tout d'abord, nous pouvons dire adieu à 31 Knots, sa saison est passée. En effet, en ce premier jour de l'été, il ne reste aujourd'hui plus que quelques titres pêle-mêle dans la section non classée de mon petit lecteur. Mais il me semble cependant que de si longs mois passés dans mes oreilles méritent quelques applaudissements.

Adieu aussi Pete Doherty. Le retour de ses ennuis avec la justice coïncide avec sa disparition dans mon MP3.  Là où le bât blesse, c'est que son ami Adam Ficek trône plus que jamais parmi les albums en écoute avec son Roses Kings Castles qui s'accroche à sa place de toutes ses forces. Après un certain nombre d'écoutes, je ne me lasse toujours pas de ses petites ritournelles légères, harmonieuses et amusantes qui pour le coup, collent parfaitement à la saison.

Comme prévu, Les Claypool et Oxmo Puccino ont eu aussi laissé leur place à de petits nouveaux.

Mais qui ? Qui ? Je sens une nouvelle fois d'ici votre curiosité.

 

Les deux albums des Noisettes ont été les premiers à faire leur entrée dans mon baladeur. Mais finalement, par manque de place, je n'ai conservé aujourd'hui que Wild Young Hearts, en prenant soin de ranger Don't Give Up et Scratch Your Name dans mon petit fourre-tout.

Le nouvel Eminem, Relapse, sorti le 18 mai dernier, est également venu se frayer un chemin parmi les albums du mois. Malgré sa longueur inutile et un premier single poussif, caricatural et peu représentatif du reste de l'album, on trouve sur ce disque quelques bonnes pépites dignes des débuts albums du rappeur de Détroit, qui n'a perdu ni sa verve ni son excellent phrasé et nous prouve qu'à 35 ans, il n'est pas encore à la retraite, loin s'en faut. A écouter en priorité : Bagpipes From Bagdad, 3 a.m, My Mom, Insane ou Old Times Sakes en duo avec Dr Dre.



Ensuite, évidemment, le nouveau Eels, Hombre Lobo est lui aussi venu grossir les rangs des nouveautés de mes écoutes et ma foi, E a encore fait un travail honnête et arrive toujours autant à me filer le bourdon. Comme je le lisais récemment sur sa page Myspace, ce disque a la faculté assez saisissante de faire parfois rire, mais parfois aussi pleurer. Déclencher ces deux types d'émotion dans un seul disque est un talent suffisamment rare pour que je sois reconnaissante à E de son travail et que je continue à le suivre avidemment à chaque nouvelle sortie.

Qu'avons-nous encore sous la main ? Alors à noter, le retour d'un rock un peu plus musclé avec les Gallois de Future of the Left que j'ai adoptés immédiatement, dès la première écoute, sans même savoir qu'ils étaient en partie formés d'anciens membres de McLusky. Leur Travel With Myself And Another (sortie demain) est assez bien ficelé, énergique et râpeux juste comme il faut, avec un bon équilibre entre chant et chant hurlé, et me rappelle une époque révolue passée dans les sous-sols de bars PMU aménagés en salles de concerts à bouger la tête en rythme. Une belle découverte.



Mais mon coup de coeur du mois, c'est ce cher Butch Mc Koy qui a délaissé momentanément son groupe I love UFO pour nous concoter son plus personnel Welcome Home, dont Thom a déjà parlé ici. Je ne sais pas quoi ajouter et mon enthousiasme par rapport à ce disque étant en train de ronger ce qu'il pourrait éventuellement me rester d'esprit analytique, je vais me contenter de vous dire une chose : achetez-le ! Achetez-le ! Achetez-le ! J'ai glissé un écouteur dans mon oreille gauche alors que je vous parle, et j'en suis encore toute retournée ! Ce disque est vraiment étonnant et excellent.



Pour être tout à fait honnête, il faudrait que j'avoue aussi que j'ai ajouté par curiosité à mon lecteur MP3 l'album de démos de Soan, le gagnant de la Nouvelle Star de cette année (ouaip, même pas peur du ridicule). Bref, polémique mise à part, Nouvelle Star mise à part, imaginons que vous soyez chez vous en train de vagabonder sur Myspace et que vous tombiez sur ça. Après avoir vérifié que vous ne vous trouviez pas sans le savoir sur la page des Têtes Raides, vous pourriez, tout comme moi, vous laisser prendre par la jolie mélodie de Pustule ou de Conquistador et même vous dire que le bougre n'écrit pas mal du tout... (si, si, vraiment)

A voir cette nouvelle sélection, une chose est sûre : on ne pourra pas m'accuser d'être sectaire ! Je dois ajouter à cette liste de nouveaux albums des titres collector ressortis du grenier et jetés ça et là dans ma playlist personnelle (entre autres : Celebrity Skin de Hole, une version de People Are Strange par Echo and The Bunnymen, Child in Time de Deep Purple, I Feel Free de Cream) et cela devrait achever de vous convaincre.



Par Cissie Blues - Publié dans : Entrées et sorties de mon MP3 - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 11 juin 2009

Je repousse cet article depuis déjà presque une semaine, croulant sous le travail et la paresse. Pourquoi ? La qualité du concert serait-elle à mettre en doute ? Pas le moins du monde.

Je n'avais mis les pieds au Bataclan qu'une seule fois, et même pas pour un concert. C'est pourtant regrettable tant l'architecture de la salle est originale et s'accorde admirablement avec l'artiste dont j'ai pu admirer le talent la semaine dernière.

Arrivée suffisamment tôt pour assister à la première partie assurée par The Legendary Tiger Man qui m'intriguait assez, j'ai cependant cédé aux appels de la terrasse voisine avec mon cher et tendre pour profiter un peu du soleil et d'un moment de détente avant d'investir les lieux. La salle s'est alors rapidement remplie sans jamais menacer de craquer et le concert commença.

Fidèle à son image de dandy, Jarvis Cocker foula la scène dans un costume, avec une veste, une cravate, ses petites lunettes carrées et ses cinq musiciens. Installé à Paris depuis 6 ans, le chanteur tenta de s'exprimer dans notre langue pendant la majorité du concert, avec plus ou moins de succès. il s'en excusa d'ailleurs auprès de nous car il jugeait cela honteux.



Il ouvrit le spectacle avec Pilchard, extrait de son nouvel album Further Complication, et se mit instantanément à se trémousser sur scène dans un style assez curieux qui n'appartient qu'à lui, mais que je pourrais à la limite rapprocher de l'attitude de Christophe Willem, dont il partage la carrure squelettique. Cette espèce de nonchalance de pantin désarticulé contribua grandement au spectacle de près de deux heures qui allait suivre. Ce personnage oscillait sans cesse entre calme désinvolte et énergie bondissante.

La première chanson achevée, il nous expliqua qu'il s'appelait Jarvis, et nous présenta tous les membres de son groupe, pour introduire de façon pertinente Angela, deuxième titre de la setlist. A ce stade, j'avais déjà capté l'ambiance du concert, une sorte de réunion entre copains, où le sentiment de décontraction était si fort, que si d'autres personnes étaient montées sur scène pour faire un boeuf avec lui, cela ne m'aurait pas étonnée plus que ça.

Suivirent beaucoup de nouveautés, (Further Complications, Slush, I Never Said I Was Deep...), mais aussi quelques titres de son album précédent (Big Julie ou Black Magic). La manière de chanter de Jarvis Cocker a cela de particulier qu'il peut donner l'impression de raconter plus de petites histoires que de chanter à proprement parler et pourtant, il n'y a aucun doute sur le fait que sa musique soit du rock'n roll. L'état de sa chemise à la fin du concert en témoigne.



Très charmant, très Anglais aussi, Jarvis Cocker discuta avec son public tout au long de la soirée pour nous conter des anecdotes ou apprendre quelques mots de français, ce qui renforça cette atmosphère chaleureuse et conviviale (la moitié de cette conversation suivante doit être imaginée avec un accent britannique très prononcé) :

- Comment on dit "on board" ?
- "A bord".
- How do you say? "A bord" ?
- Oui
- Cette chanson a été écrite à bord d'un bateau...

Plusieurs personnes dans l'assistance avaient apparemment assisté au travail de Jarvis et de son groupe lors de leur résidence à la Galerie Chappe entre le 5 et le 10 mai derniers et c'est avec une certaine nostalgie qu'il évoqua ces moments privilégiés partagés avec son public. Il faut avouer que l'artiste semble bavard et qu'il doit créer des liens avec les gens assez facilement.

Il paraissait tellement à l'aise sur la scène qu'il avait l'air de ne pas vouloir la quitter et ce n'est qu'après trois rappels, pendant lesquels il nous interpreta une Fuck Song survoltée, et une Disco song qui traîna en longueur et lui donna l'occasion d'utiliser la boule à facettes accrochée au plafond de la salle, qu'il consentit à nous laisser rentrer chez nous. Nous le laissâmes alors nous aussi regagner les coulisses, en nage et apparemment content de sa prestation, sans échanger nos numéros et sans promesses de nous appeler bientôt, mais en espérant tout de même que nous n'aurions pas trop à attendre avant de nous revoir.

(en raison d'un malencontreux oubli d'appareil, les photos illustrant cet article proviennent du blog http://karmacoma.fr)

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Vendredi 22 mai 2009

Le billet annonçait la couleur : soirée Custom, la soirée mensuelle des Inrocks, avec Heartless Bastards, Fan Death et enfin Akron Family. Et si je lis relativement rarement l'hebdomadaire culturel, j'étais justement tombée une semaine avant sur une très bonne chronique de l'album des premiers (je m'étais d'ailleurs demandé à ce sujet si un concours de la plus moche pochette d'album n'avait pas été organisé entre certains groupes).

Mon planning étant plutôt chargé ces derniers temps, j'avais pour une fois dérogé à la règle voulant que j'écoute systématiquement les albums des groupes avant de les voir sur scène, et n'avait donc qu'une très faible idée de ce qui m'attendait.

Cela faisait déjà un petit moment que je n'avais pas remis les pieds au Nouveau Casino, mais je me souvenais très bien y avoir vu Mark Lanegan et les Soulsavers il y a quelques années, ainsi que les feu Groovy Ghoulies à peu près à la même époque. L'agencement du lieu, doté d'une charmante mezzanine désormais équipée d'un "espace fumeur" ajoutait un côté convivial assez agréable.

La salle était presque déserte à mon arrivée et les pauvres Heartless Bastards (qui ne faisaient pas vraiment peur, malgré leur nom) ont exécuté leur set d'une demi-heure devant un parterre d'un maximum de 15 personnes. Pendant ce temps, là, à l'étage, je cherchais la meilleure place pour voir la scène tout en buvant un coup, car il régnait ce soir-là une atmosphère assez étouffante. Le groupe jouait un rock parfois très connoté années 90, très Pixies, parfois très années 70, chanté par une fille à frange à la voix chaude et envoutante qui se laissait bien écouter, ma foi.



Puis, Fan Death est arrivé et ce fut une autre histoire... Que dire ?  Encore un énième truc branché horrible, sans aucun intérêt, sorte d'hommage à ce que les années 80 ont pu faire de pire, agrémenté de quelques petites touches de musique asiatique assez mal-à-propos. Beurk, j'ai cru que j'allais défaillir. Le pire dans cette histoire étant que nous avons dû subir ça pendant 3/4 d'heure, 3/4 d'heure vraiment très longs. La seule chose qui pourrait être sauvée de ce naufrage était le visuel, avec une chanteuse complètement barrée en kimono qui se trémoussait dans tous les sens, j'allais regretter de ne même pas avoir pris la peine de photographier ce moment assez unique dans une vie.

Juste le temps de nous interroger sur la pertinence de cette programmation en première partie d'Akron Family et de redescendre dans l'arène que les New-Yorkais foulaient à leur tour la scène du nouveau Casino. Je m'attendais à ce qu'ils soient relativement nombreux, et fus donc surprise de constater qu'il ne s'agissait que d'un trio. Par ailleurs, il faut savoir que si j'ai signalé dans ces pages que leur dernier album valait le détour, il n'en reste pas moins que je les trouve souvent ennuyeux sur disque, et que pour moi, seuls trois ou quatre titres sortent vraiment du lot dans Set 'Em Wild, Set 'Em Free. J'étais donc un peu sceptique mais j'avais tout de même bon espoir de les découvrir sous une perspective nouvelle et intéressante en concert.




Heureusement pour moi, ce fut le cas.

Après une entrée en matière plutôt brouillonne et laborieuse dans une harmonie vocale bancale (dont le guitariste est largement responsable) sur They Will Appear, le trio se rattrapa parfaitement dès l'enchaînement avec ma chanson préférée de l'album, River qui fut magistralement interprétée. Lorsque j'entendis les premières notes de The Alps ans Their Orange Evergreen, je commençai néanmoins à m'inquiéter un peu, en me disant que si mes chansons préférées défilaient à cette vitesse, ils allaient devoir caser les titres moins bons au milieu de leur set et plomber mon concert. Et finalement, ils ont réussi à trouver un équilibre entre anciens morceaux et nouveautés sans jamais que mon attention faiblisse (sauf peut-être sur Creatures ou je me suis ennuyée, comme c'était prévisible).



Le batteur (qui est également le meilleur chanteur des trois, il faut le préciser) tapait sur son instrument à rythme tel, que je le surveillais avec appréhension dans l'attente d'un éventuel couac. Mais de couac il n'y eut pas, du moins de sa part, et c'est heureux puisqu'un plantage de batterie à cette vitesse ne serait pas passé inaperçu. Ses deux acolytes, pour leur part, firent aussi du bon boulot, malgré quelques fausses notes ici ou là. Mais la technicité de certains titres les obligeait à beaucoup de concentration.

Pourtant, ces trois gentils hippies n'en semblaient pas moins sympathiques et décontractés. Ils dégageaient une espèce d'aura et de chaleur humaine très confortable pour nous. Et je me suis laissée embarquer dans leurs rythmes tribaux jusqu'à me mettre presque à danser, ce qui est assez exceptionnel de ma part.

Ils conclurent justement le set, comme je le pressentais, avec un Everyone is Guilty qui mit le public en transe. Tout le monde bougeait ses fesses, tapait des mains et participait à la grande messe, en totale communion. Ce fut vraiment un très bon moment. Et malgré l'heure qui tournait et les contraintes assez strictes du Nouveau Casino, le groupe remonta sur scène pour un rappel de deux titres qui vint ponctuer 1h10 de concert. Ils terminèrent par un magnifique Sun Will Shine, chanté presque a capella et cette fois, leurs trois voix s'accordèrent parfaitement. J'avais vraiment l'impression d'assister à une prière apaisante et optimiste.



Alors, verdict ? Sur scène Akron Family arrive à capter l'attention du public même avec les titres les plus lents et les plus complexes et leur côté ennuyeux s'évanouit alors comme par magie pour ne laisser qu'une impression de chaleur et d'énergie qui nous emporte sur son passage. A tel point qu'en fin de concert, une fan plus qu'enthousiaste leur cria : "Non ! N'arrêtez pas de jouer !!". En ce qui me concerne, reprendre une part de ce gâteau aurait sans doute pu me faire frôler l'indigestion et j'ai trouvé au contraire la longueur du set idéale. Il ne m'en fallait pas plus, car plus aurait risqué d'être moins bien et la longueur de certains morceaux aurait inévitablement déclenché chez moi des baillements, ce qui a été évité avec brio au cours de cette soirée.

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Mercredi 6 mai 2009

Pourquoi ?

Tout simplement parce que leur dernier album est un bijou de pop intelligente et brute à la fois, qui manie à merveilles tous les codes du genre, sans délaisser les textes pour autant. De la musique universelle, je vous dis. Rien que ça.

Prenez un trio guitare/basse/batterie, la fougue et l'énergie inhérentes à la jeunesse, une bonne dose d'inconscience et le charisme sauvage d'une chanteuse/bassiste qui a tout d'une icône, et vous aurez une petite idée de qui sont les Noisettes. Tout débuta pour eux en 2007 avec un premier album remarqué : What's the time Mr Wolf aux sonorités en majorité rock et punk qui leur valut rapidement d'être qualifiés de meilleur groupe live d'Angleterre. Et d'après ce que j'en ai entendu dire, c'est toujours le cas.

Ils reviennent cette année avec un opus pour le moins déroutant pour qui s'attendait à retrouver les ingrédients qui ont fait le succès du premier. En effet, le premier single extrait de Wild Young Hearts, intitulé Don't Upset the Rythm surprend par son électronicité, ses rythmes clairement disco et son refrain martelé et hypnotique.




Mais que leur est-il arrivé, vous direz-vous ?

Refusant de s'enfermer dans la case Indie, dans laquelle on les avait pourtant déjà rangés, les Noisettes ont tout simplement cassé la cloison, et tout piétiné sur leur passage, Shingai Shoniwa allant même jusqu'à déclarer récemment : "Indie is boring, dead and over". C'est dit ! Voilà donc pourquoi ce nouvel album navigue tranquillement et avec un équilibre extraordinaire entre pop disco (Wild Young Hearts, Saturday Night), ballades soul (l'excellent Sometimes qui ouvre le disque ou encore le non moins classieux Every Now and Then), R&B oldschool que Phil Spector et Amy Winehouse ne renieraient pas (24 hours ago, et surtout Never Forget You).

On pense évidemment à Blondie (sur Beat of my Heart par exemple), quoique la voix teintée de soul de la chanteuse d'origine zimbabwéenne n'ait pas grand chose à voir avec celle de Debbie Harry, à Grace Jones, et personnellement je pense aussi souvent à AS Dragon période Natasha, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et surtout, on est totalement emporté par l'ouragan de ce disque. Dès la première écoute, le MP3 intégré dans mon cerveau a retenu la quasi-totalité des chansons pour me les diffuser ensuite régulièrement, de préférence lorsque j'essayais de me concentrer sur ma traduction actuelle, ou avant de dormir, à mon grand désarroi. Cela fait de ce disque un plaisir instantané.




Cet article est-il honnête ? Non. Autant l'avouer, je suis totalement partiale et mon enthousiasme primaire pour cet album acidulé n'est pas totalement justifié. On frôle parfois le mauvais goût tendance Kylie Minogue et boule à facettes et certains morceaux (le single notamment) sont trop répétitifs. Il n'en faut pas beaucoup non plus pour entendre les grosses ficelles utilisées pour appâter l'auditeur. Mais j'adore ce disque ! Je le trouve rafraîchissant, pas prétentieux, j'en trouve la construction parfaite et la voix de Shingai me bouleverse

Je ne regrette finalement qu'une seule chose là-dedans : les avoir loupés à la Boule Noire le 23 avril dernier !

Par Cissie Blues - Publié dans : Albums - Communauté : Le Monde du Rock
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Samedi 25 avril 2009

Que de chamboulements dans mon lecteur MP3 ce mois-ci ! La faute à des vacances et des week-ends prolongés qui m'ont conduite à faire de longs trajets en musique.

Des vacances, enfin ! Comme vous avez pu le constater, je n'ai pas mis à profit ce temps pour écrire de nouveaux articles, et c'est bien dommage puisque je viens d'avoir la confirmation d'une nouvelle commande tout aussi importante que la dernière en date.

Revenons à nos moutons. J'imagine que vous trépignez d'impatience ! Quelles nouveautés ont gagné mon respect et avec lui le droit d'entrer dans mon lecteur ? Qui a dû céder sa place ? Tout d'abord, ce qui devait arriver arriva : presque tous les albums de 31 Knots ont disparu. Il ne reste plus aujourd'hui que The Curse of The Longest Day, qui n'est pas un album, d'ailleurs, mais un EP. Cependant, Man Becomes Me, extrait de The Days and Nights of Everything Anywhere est venu se ranger dans mon fouillis de titres sans queue ni tête. Le Eagles of Death Metal et le Coral sont eux aussi passés à la trappe, paix à leurs âmes.

Mais ne pleurez pas, chers lecteurs, car à leurs places respectives, on trouve entre autres aujourd'hui le nouveau Akron Family, parce qu'il le vaut bien. Il porte le nom de Set 'Em Wild, Set 'Em Free. On me dit dans l'oreillette qu'il ne sortirait que la semaine prochaine... Considérons donc que j'ai de la chance de pouvoir le diffuser dans mon autoradio ! Il mérite que je l'écoute encore un peu pour me faire une opinion définitive, mais je peux déjà sans trop m'avancer vous assurer que cet album mérite le détour, rien qu'à cause de ses deux premiers titres extrêmement riches, travaillés et originaux. A ne pas louper donc.




Deuxième à faire son entrée : le nouvel album de Les Claypool, Of Fungi and Foe, qui détonne lui aussi. Assez expérimental et relativement instrumental, il a su me séduire grâce à sa diversité, ses liens évidents avec la musique de Tom Waits que je vénère et son rythme impeccable. Cependant, je ne présumerais pas trop de sa durée de survie dans mon lecteur, puisque j'ai l'impression qu'il est susceptible de me lasser assez rapidement. En réalité, j'ai remarqué qu'il n'est tout simplement pas très agréable à écouter en voiture ni dans les transports... Cela n'enlève toutefois rien à sa qualité et je vous invite à le découvrir dès que vous en aurez l'occasion. 



 

La troisième entrée du mois est celle d'Oxmo Puccino. Un reportage consacré à son nouvel album Larmes de Paix sur France Inter, accompagné d'un extrait assez génial de ce dernier, m'a convaincue qu'il fallait que je prenne des nouvelles de ce cher vieux Oxmo. Bon, je ne l'écoute pas tous les jours, mais j'avoue que j'arrive encore parfois à y trouver mon compte, notamment avec l'excellent 365 jours ou Tirer des traits. Un phrasé toujours très caractéristique, une voix grave fort agréable et apaisante, des textes intelligents sans être intellos, des duos à la pelle (notamment  Sly Johnson de Saïan Supa Crew ou encore Olivia Ruiz) : le tout plait assez à mes oreilles mais je pense qu'il risque dès le mois prochain de ne rester de ce disque que quelques titres au sein du reste de mon Vrac.

Roses  Kings Castles (dont j'ai déjà parlé ici) et Grace/Wastelands sont aussi venus rejoindre la playlist. J'ai déjà tout dit du premier, je réserve peut-être un article pour le second, ça reste à voir, mais une chose est certaine : au jour d'aujourd'hui, celui que j'écoute le plus souvent des deux est bel et bien l'album d'Adam, et non celui de Pete.

Enfin, la dernière à avoir fait son entrée dans mon MP3 est PJ Harvey avec son vieux complice John Parish et "leur" album A Woman a Man Walked By. Que dire de celui-ci ? Rapidement, aucun doute sur le fait que c'est du PJ Harvey, c'est même du condensé de PJ. Une sorte de patchwork. Il y a certains titres que j'aime beaucoup, d'autres moins, je dois encore un peu l'apprivoiser pour en dire plus. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas son meilleur album, mais il me semble jusqu'à maintenant que ce n'est pas non plus le pire ! Pour vous faire un avis, la vérité doit être quelque part entre ici et .

(Deezer ayant les ennuis que vous savez, je renonce à vous faire une playlist).

Par Cissie Blues - Publié dans : Entrées et sorties de mon MP3 - Communauté : Le Monde du Rock
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Mercredi 8 avril 2009

Voilà déjà près d'une semaine que le concert d'Elvis Perkins à la Maroquinerie a eu lieu, et je peine encore à redescendre de mon nuage. C'est que je l'attendais au tournant celui-ci, avec une belle impatience non dissimulée qui me poussait à compter les jours. Il faut dire que le second album de l'artiste, avec son groupe, tournait en boucle dans mon mp3 depuis plusieurs semaines déjà tandis qu'Ash Wednesday avait, quant à lui, fait une nouvelle percée fracassante dans mes écouteurs dans les jours précédant le concert.

Le 2 avril, il faisait beau et chaud (pour la saison) et arpenter les boulevards de Belleville ne me faisait pas peur. Sans doute est-ce pour cette raison que je fis un détour involontaire avant de pointer mes Converse à la Maroquinerie. En bas, la foule avait déjà commencé à s'agglutiner, ce qui ne présageait rien de bon, mais ne réussit pas à me départir de ma bonne humeur.

C'est La Féline qui se chargea de nous faire patienter avant l'arrivée d'Elvis et de son groupe. Et elle ne remplit pas trop mal son rôle. Il s'agit d'un groupe de folk avec une touche de synthé et une chanteuse en robe bustier. Sympathique, mais ne casse pas trois pattes à un canard non plus hein, ils ne s'étouffent pas vraiment avec leur charisme. Mais ce n'était pas désagréable. Je restai assise à gauche de la scène pendant un bon moment à siroter un coca sans bulles (ou presque), avant de me forcer à me lever pour ne pas laisser mes jambes trop s'engourdir, et en raison d'un afflux de personnages sans gène dans mon dos. 

Et puis le groupe est arrivé, pour monter le matériel. On a aperçu Elvis avec son bonnet rouge, mais il nous tourna le dos et n'accorda pas un regard à son public qui laissa tout de même échapper quelques sifflets enthousiastes.

Enfin, un peu plus tard, la lumière s'éteignit.

Elvis avait ôté son  bonnet rouge et n'avait plus que sa maigreur effrayante, ses lunettes fumées et ses longs cheveux à nous présenter. Ah, non, j'oubliais : sa voix aussi. Il ouvrit le spectacle avec un 1, 2, 3 Goodbye à donner le frisson à la plus insensible des brutes. Moi, postée en équilibre sur une marche, je n'en menais pas large. J'avais déjà du bol de le voir, il faut dire, vu qu'il s'est installé à l'extrême gauche de la scène et n'en a plus jamais bougé ensuite. Même si je trouvais ça plutôt bizarre de commencer un concert en disant au revoir, j'ai été immédiatement emportée.



A peine le temps de me remettre de cette introduction chairdepoulesque que le groupe - une bande de joyeux lurons  incroyablement doués - a débarqué pour venir soutenir son leader sur un Hey enlevé et frénétique. Le batteur, pourvu d'une grosse caisse sur laquelle il tambourinait de toutes ses forces tout en exécutant quelques pas de danse au milieu de la scène, suscita immédiatement des réactions du public, qui commença à taper des mains. Il faut bien avouer que le public parisien semblait ce soir-là, une fois n'est pas coutume, plus réceptif qu'à l'ordinaire. Les trois musiciens du groupe apportent chacun leur grain de sel. Tous multi-instrumentistes, ils passent du coq à l'âne sans la moindre difficulté, sans la moindre pause, tout en assurant des choeurs fabuleux sur un bon nombre de morceaux. Leurs voix s'accordent en effet à merveille avec celle d'Elvis. Petit bémol toutefois pour la contrebasse que l'on n'entendait pas assez . Néanmoins, c'est avec cette chanson si enjouée que le groupe et son chanteur réussirent à m'arracher ma première larme de la soirée.

Après quelques morceaux du nouvel opus, Elvis Perkins nous offrit aussi de magnifiques extraits d'Ash Wednesday, dont All The Night Without Love, May Day, Emile's Vietnam in the Sky, It's only me ou encore le titre éponyme del'album. Au milieu du concert, pendant l'interprétation de l'un de ces morceaux, j'eus tout juste le temps de me dire : "Tiens, c'est moins bien là, on s'ennuie un peu. Pfiou, ce sac me fait mal au dos. Quelle chieuse cette grande fille devant avec tous ses cheveux frisés et sa peau de mouton sur le dos, je lui mettrais bien deux claques" et pouf, c'était reparti pour une deuxième fournée aussi bien équilibrée que la première. Nous eûmes cependant droit à un petit intermède fort agréable constitué d'une reprise d'un vieux standard rock'n roll et d'un chant traditionnel revisité. L'audience, particulièrement démonstrative, chantait, dansait et semblait submergée par l'émotion, du moins dans la fosse.

Et le groupe quitta la scène. C'est là que je remarquai que la chaleur devenait vraiment étouffante.

Elvis Perkins revint tout seul et nous fit le coup du While You Were Sleeping. Rien à dire, très efficace, l'assemblée a été prise d'une sorte de sanglot général entrecoupé par des "Oh, oh... Oh, oh..." qu'elle laissait échapper pendant les faux refrains de cette chanson. Le groupe rejoignit la scène pour terminer la chanson. Enfin, les musiciens reprirent leurs instruments de fanfare pour entonner un Doomsday magistral qui consola tout le monde d'un seul coup. On n'a jamais vu quelqu'un parler de l'apocalypse avec autant de joie. De la joie violente.





Ce qu'il restera de ce concert pour moi, c'est la découverte qu'Elvis Perkins a quelque chose de beaucoup plus blues sur scène que sur disque. Par ailleurs, il a l'air terriblement triste quand il chante, alors qu'entre les morceaux il sourit et fait des blagues. Son groupe est vraiment impressionnant, tant par sa technique que par sa présence. Il a vraiment bien trouvé ses musiciens. Et surtout, le live amène de nouvelles dimensions à ses chansons.

Pour finir, j'ai une réclamation à émettre : j'ai été immensément déçue de ne pas entendre ma chanson préférée, Hours Last Stand, alors que l'on a eu droit à absolument toutes les autres chansons de l'album. Alors quoi, qu'est-ce qu'elle a cette chanson ? Pourquoi était-elle exclue du set ??
Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Mercredi 1 avril 2009

Alors que son acolyte babyshamblesien Peter Doherty n'en finit plus de faire parler de lui dans la presse ou la blogosphère (ici ou encore ici), Adam Ficek et son album 'Roses Kings Castles' sorti en septembre 2008 sont presque passés inaperçu. Et je m'en vais de ce pas réparer cette erreur.

Pourquoi ? Parce que cet album mérite sans doute autant le détour que Grace/Wasteland, quoi qu'on en dise, et parce qu'il s'agit d'une réelle surprise. En effet, on s'attend peu à ce genre de disque de la part d'un batteur. Batteur étant souvent synonyme de bourrin primaire, il était difficile d'imaginer Adam Ficek écrivant et composant un projet emprunt d'une telle sensibilité, d'un tel charme et d'une telle délicatesse. Des mélodies extrêmement soignées rappelant clairement le meilleur de Belle and Sebastian, des textes simples mais touchants, une classe inespérée, une voix douce s'accordant parfaitement à ses chansons, ce projet solo a tout pour plaire.



D'autant qu'Adam s'investit pleinement dans son travail. Lorsque j'ai reçu sur Facebook une demande d'ajout d'ami de sa part, je me suis tout d'abord demandée ce qu'il pouvait bien me vouloir, avant de comprendre qu'il utilisait le répertoire des fans de Babyshambles/Doherty pour faire sa promo, ce qui a plutôt bien fonctionné. Je ne me suis pas fait prier pour aller jeter une oreille sur sa page Myspace et pour me laisser prendre dans les filets de sa musique. Depuis, Adam fait régulièrement sa promo, me vante ses concerts en France ou en Italie, me parle de son blog, de la sortie de sa cassette avec de nouveaux titres ou pourquoi pas, du grec qu'il a mangé hier avant un concert et qui l'a rendu malade... Résultat : il a su instaurer une réelle complicité avec son public. Tout le monde lui pose des questions, lui envoie des photos, et il répond très souvent, à croire qu'il passe une bonne partie de sa vie sur Internet !

Ni une ni deux, j'ai voulu en avoir le coeur net et lors de son récent passage à Paris (il assurait la première partie des concerts de Pete au Bataclan), je ne résistai pas à l'occasion d'aller le voir en solo (et gratuitement) au Pop-In à Paris, la veille de sa première prestation au Bataclan.



L'étroitesse du lieu, tout comme son taux de remplissage à son maximum ce soir-là, ont renforcé cette impression de proximité avec Adam Ficek qui est passé parmi nous pour distribuer des autocollants. Très propre sur lui, avec sa petite chemise à carreaux, son pull à col en V, son gel dans les cheveux, il faisait très gendre idéal des années 50, malgré son anneau en argent dans l'oreille. Il parlait avec les gens, était très calme et buvait de l'eau (comme quoi, les amis de Pete Doherty ne sont pas tous des déchets ambulants !). La population essentiellement composée de fans (féminines en grande partie, venues avec leurs mamans pour certaines) ne donnait heureusement pas dans l'hystérie habituelle des groupies de Pete. Seul hic, beaucoup d'Anglais, amis d'Adam pour quelques uns, qui avaient un peu trop abusé de la bière (du maquillage aussi, mais c'est une autre histoire) et s'étaient agglutinés devant la scène pour lui demander leurs titres préférés. D'ailleurs, ils ne loupèrent pas l'occasion de réclamer 32nd of December, entre autres chansons des Babyshambles. Adam fit semblant de céder et nous en fredonna quelques notes avant de revenir à Roses Kings Castles.

 

Mais dans l'ensemble, l'ambiance était plutôt bon enfant. Monté en chaussettes sur la scène minuscule du sous-sol du bar, Adam prit sa guitare et entonna pendant 3/4 d'heure les titres de son album et l'un des nouveaux titres à venir, repris en coeur par le public plus qu'enthousiaste, qui n'était visiblement pas venu par simple curiosité. Ne perdant pas le Nord, Adam nous assura à la fin qu'il avait encore quelques albums à vendre et qu'il était disponible pour les dédicaces. Malheureusement, nous commencions vraiment à étouffer et la quasi-impossibilité de mouvements finit par nous pousser vers la sortie.



Dès le lendemain, Adam était de retour sur facebook, comme d'habitude, et annonça qu'il avait beaucoup aimé ce concert. D'ailleurs, on en trouve également une chronique vue de l'intérieur sur son blog. Il eut pas mal de succès les jours qui suivirent au Bataclan et les journalistes qui ignoraient sans doute son existence jusqu'alors ont eux-mêmes commencé à en parler en bien. Et c'est mérité.

Le seul regret pour moi fut de constater que les petites Françaises fans de Pete Doherty semblaient n'être là que parce qu'ils s'agissait du batteur de Babyshambles et il est très dommage de réduire Roses Kings Castles à cela. Ce projet tient parfaitement la route, est complètement indépendant du travail d'Adam Ficek avec le groupe et mérite plus que d'être considéré comme un simple produit dérivé du produit 'Pete' que les médias ont déjà réussi à vendre à ces jeunes filles. Je vous recommande donc sincèrement l'écoute de ce premier album prometteur et vous laisse avec le clip de l'entêtante chanson 'Entroubled'.



Par Cissie Blues - Publié dans : Albums - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 8 mars 2009

Comme vous l'avez peut-être remarqué, je n'écris plus autant d'articles sur ce blog. Malheureusement, cela ne risque pas de s'arranger en mars puisque je travaille sur la traduction d'un livre que je dois impérativement terminer pour la fin du mois et qui me donne pas mal de fil à retordre, m'occupant même très souvent les week-ends.

Bref, je réfléchissais donc à une nouvelle rubrique qui permettrait de faire vivre mon blog sans me prendre trois ou quatre heures de mon précieux temps et j'ai enfin trouvé ! Je l'inaugure donc aujourd'hui et vous présente : Entrées et Sorties de mon MP3. Comme son nom l'indique, le principe est simple : il s'agit tout bêtement de répertorier le contenu de mon lecteur MP3 et d'indiquer dans cette nouvelle rubrique les changements qui surviennent dans ma playlist personnelle.

Pour ce premier article, je vais donc vous expliquer un peu mon fonctionnement dans le choix des artistes et titres que l'on peut trouver dans mon petit appareil à écouteurs. Tout d'abord, il y a des albums. Je les ajoute à ma playlist lorsqu'ils sont si bons qu'une ou deux chanson de l'artiste ne peuvent me suffire ou lorsqu'ils sont nouveaux, me plaisent au bout de quelques écoutes, et que j'ai besoin d'autres écoutes au casque pour déterminer la place à donner à cette nouveauté dans  ma vie de mélomane. On peut aussi parfois trouver parmi les albums des classiques que j'apprécie et que j'ai tout simplement envie de réécouter.

Enfin, à la suite de tous les albums présents à un moment donné sur mon lecteur, on trouve aussi une liste sans queue ni tête de titres rangés n'importe comment. Cette liste est extrêmement longue et elle contient tout et n'importe quoi, sans aucune logique de classement chronologique ou qualitatif. Elle comprend des titres que j'aime tellement que je ne peux pas m'en passer et que je préfère avoir toujours sur moi au cas où, des titres appartenant à d'anciens albums qui apparaissaient dans mon MP3 en intégralité au départ et dont je n'ai gardé que mes titres préférés, et parfois des chansons que j'ai découvertes comme ça, seules, sans trop savoir de quel album elles sortaient, et que j'ai spontanément adoptées.

Voilà donc en exclusivité l'état de mon lecteur MP3 aujourd'hui (il y a un peu trop de 31 Knots, mais j'avais besoin de réviser mes classiques avant le concert et je ne les ai pas encore effacés) :

ALBUMS

31 Knots > It was High Time to Escape
                    The Curse of The Longest Day
                    Worried Well
                    Talk Like Blood
                    The Days and Nights of Everything Anywhere




Eagles of Death Metal > Speaking in Tongues

Isobel Campbell & Mark Lanegan > Sunday at Devil Dirt

Les Wampas > Les Wampas sont la Preuve Que Dieu Existe

Mark Olson and Gary Louris > Ready for the Flood

Nickel Eye > The Time of the Assassins

Siouxsie and the Banshees > Nocturne



The Coral > The Coral

The Kinks > Something Else by the Kinks


VRAC

(Là, les citer tous serait terriblement long alors je vais vous faire une petite sélection représentative)

The Who > Substitute
Queens of the Stone Age > The Lost Art of Keeping a Secret (Live)
Masters of Reality > I Walk Besides your Love
Yeti > In Like with You
Tété > Fils de Cham
Just Jack > I Talk Too Much
Badly Drawn Boy > You Were Right
The Rascals > I'll Give You Sympathy
Daniel Johnston > The Beatles
Stereo Total > Für Immer Sechzehn
Miossec > L'Infidélité
Pete Doherty > New Love Grows on Trees
Natasha Lejeune > Relax
Elliott Smith > Son of Sam
The Rodeo > Feel The Fire


Et j'ai l'immense plaisir de vous annoncer que cette semaine, Talk Like Blood va céder sa place à Elvis Perkins in Dearland (par Elvis Perkins in Dearland) car cet album est absolument magnifique... Je n'avais pas trouvé un album aussi génial depuis vraiment longtemps. Il faut dire que je suis difficile, sélectiv et exclusive, ce qui signifie que maintenant qu'il a trouvé sa place ici, ce disque va passer en boucle dans mes oreilles pendant un long moment.



A noter aussi, l'entrée récente de Pete Doherty avec New Love Grows on Trees qui n'a pris la place de personne puisque mon lecteur n'est actuellement pas complètement rempli (c'est rare, mais j'ai récemment dû le vider entièrement).

Voilà, rendez-vous pour mon prochain coup de coeur qui poussera inévitablement l'un de ces excellents artistes vers la sortie... Les paris sont lancés pour deviner de qui il s'agira.




 



Par Cissie Blues - Publié dans : Entrées et sorties de mon MP3 - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 22 février 2009
Voilà cinq ans déjà que j'ai découvert les trois énergumènes de 31 Knots par hasard (c'est souvent le cas). A l'époque, je m'étais trouvée en possession de leur second LP : It was High Time to Escape et de l'EP qui lui avait succédé : The Curse of The Longest Day. Je baignais alors musicalement dans un grand mélange de punk, de stoner, de hardcore, de noise, d'emo (dans le sens classique du terme) et j'en passe, et j'avais été immédiatement séduite par le sens de la mélodie, le raffinement pop et la voix déchirante de Joe Haege qui réussissait l'exploit d'adoucir un peu mon quotidien bruyant.




Le trio originaire de Portland avait déjà sorti trois disques avant ceux-ci et en sortirait encore trois autres avant 2009. On peut donc dire que je les ai découverts à mi-carrière, juste au moment où leur ancien batteur, Joe Kelly, avait été remplacé par Jay Pellicci. Leur musique se trouvait en pleine mutation, devenant de plus en plus expérimentale et de plus en plus prog au fil de leur évolution tandis que leur son perdait progressivement sa crasse naturelle de débutant pour se faire pur et clair.

On a collé à 31 Knots beaucoup d'étiquettes avant qu'ils reviennent en 2008 avec Worried Well, leur dernier album sorti l'été dernier, mais aucune ne semble vraiment leur convenir. On a dit d'eux qu'ils faisaient du math rock, du rock progressif, du noise, de l'Indie et autres mais la vérité, c'est que leur musique est d'une telle richesse, caractérisée par des ruptures rhytmiques, une complexité sans égale dans le jeu de guitare et un songwriting soigné, qu'il serait présomptueux de vouloir les ranger dans une case.



Jamais là où on les attend, ils sont donc de retour avec un album encore plus déroutant que les précédents, poussant toujours plus loin les expérimentation électro avec des boucles de sons enregistrés plus présentes que jamais, des choeurs audacieux et une prise de risque inédite pour eux à ce niveau.

Et ça passe. La déstabilisation passée, ce nouvel opus trouve facilement sa place au milieu de leur discographie et prend tout son sens et sa dimension sur scène, comme nous le verrons un peu plus tard.

J'avais eu l'occasion de rencontrer le groupe en décembre 2004, lors de leur passage à la Briquetterie d'Amiens. Des personnes de mon entourage ayant organisé le concert, j'avais eu la possibilité de rester à la fin avec les musiciens. Etant plus ou moins la seule personne à parler anglais qui restait à ce moment-là, il avait été plus facile pour moi de lier connaisance avec eux autour d'une bouteille de rhum. Je me souviens notamment d'une longue discussion avec Joe sur les différents accents anglais qui avait donné lieu à des immitations à pleurer de rire.

Plus tard, en mars 2006, j'avais encore pu aller les voir aux Instants Chavirés à Montreuil, après la sortie de Talk Like Blood, un album très réussi, plus groovy et contenant quelques belles pépites telles que Hearsay ou Chain Reaction sur lesquelles Jay Pellicci peut laisser libre cours à sa pressante envie de frapper (oui, il tape très très fort sur sa batterie). Après le concert, Joe s'était approché de moi, l'air de rien pour me demander confirmation qu'on s'était bien déjà rencontré et que j'étais bien la fille qui avait discuté avec eux des accents anglais un an et demi plus tôt (et en plus ils sont sympas !!!).

Deux premières parties devaient précéder les Américains de 31 Knots au Café de la Danse : Lychens et Jordan. Si j'avais pu écouter les seconds pendant l'après-midi sur leur Myspace, les premiers m'auraient demandé trop de recherche pour le temps qu'il me restait alors j'ai laissé tomber... Et si j'avais su j'aurais poussé un peu quand-même pour arriver à la salle un peu plus tard. Je déteste la musique expérimentale (mais pas les expérimentations, tant qu'elles ne prennent pas le pas sur la musique) et j'en ai suffisamment soupé dans ma carrière d'amatrice de musique et là j'ai été servie. En même temps, j'aurais dû m'en douter, deux ans plus tôt, 31 Knots nous avaient déjà fait le coup en invitant pour leur première partie un mec qui faisait de ma "musique" avec un tuyau.

Là, Lychens était venu avec son ami comme lui, Birdshaw qui eut l'honneur de passer sur scène en premier. Son "oeuvre" est basée sur une espèce de bruit futuriste de l'espace sur lequel il lit des paroles inaudibles en anglais. Bon... au moins, il y avait des textes, et peut-être un message...

Place à Lychens, qui lui s'enregistre en train d'immiter le bruit d'oiseaux puis d'éléphants, avant de se repasser ce bruit en boucle en rajoutant des sortes de cris chantés, mais sans parole cette fois, des cris de souffrance dirait-on, très fort, et réellement douloureux pour les tympans au bout d'un moment qui hélas, s'est avéré assez long.

Voilà voilà... Heureusement, la relève assurée par Jordan valait sans nul doute le détour. Ce jeune groupe français produit par le batteur de 31 Knots s'est présenté à nous comme "le groupe français drôle" et revendique l'influence d'At The Drive In ou encore de Q but not U. Une pop parfois très rock limite hardcore avec du chant hurlé et une petite touche électro assurée par Baptiste au Clavier, le tout et diablement efficace, chanté tour à tour par tous les membres du groupe, chacun apportant sa personnalité, c'est ce que je retiendrai de ce groupe à suivre.




Arrivés sans aucun set, ils se demandaient entre les morceaux quels titres ils allaient bien pouvoir nous jouer. Après l'ouverture avec "Trois Quatre", nous eûmes droit à un joli éventail de leurs capacités, avec une chanson "sur les châteaux de la loire", une chanson sur "les clowns morts" et autres pharaons, le tout agrémenté de petite blagues récitées en costume de geek (le type au clavier est un bon représentant de cette nouvelle mode). C'est frais, comme disent les jeunes et on en redemande.

Enfin, le tour de 31 Knots arriva. Jay se posta dans les gradins avec une valise qui semblait peser le double de son poids, et enfila ce qui semblait être son costume de scène par dessus ses vêtements jusqu'à ce que le groupe ouvre le set avec Take Away the Landscape. Le jeu de scène de Jay qui enleva successivement quatre couches de vêtements, ajoutait à l'aspect théatral particulièrement prononcé dans le nouvel album.

Malgré les inconvénients techniques du début du concert, nous oubliâmes les imperfections sonores pour nous concentrer sur une prestation sans demi-mesure, pendant laquelle le groupe nous montra tout son savoir-faire technique, la complexité de leurs nouvelles chansons devenant parfois assez problématique sur scène à cause des loops sonores que Joe devait parfois contrôler tout en jouant de la guitare et en chantant (un pas vers l'homme orchestre ?). Mais tout se passa sans heurts. Le groupe ponctua son set d'un bon nombre d'extraits de Worried Well, mais également de trois des titres de The Curse of the Longest Day comme il le fait très souvent (Welcome To Stop en version plus rapide et prenante à souhait, The Corpse and The Carcass et Incessant Noise pendant le rappel), sans oublier les indispensables Intuition Imperfected, Hearsay et Chain Reaction extraits de Talking Blood, ainsi que Man Become Me et Beauty, extraits de The Days and Nights of Everything Anywhere. Plus passionné que jamais, Joe se montrait encore plus fier de sa musique et visiblement plus exigeant aussi. Le bassiste Jay Winebrenner s'est révélé égal à lui-même (un peu mou comme tous les bassistes, complètement désinvolte avec une manière de tenir sa basse toujours aussi particulière et un petit air je m'en-foutiste qui ne trompe personne) tout comme le batteur qui joua plus lourdement que jamais.



L'ensemble s'est avéré parfaitement cohérent, les nouveaux morceaux s'intégrant tout à fait à la setlist, malgré quelques passages burlesques auxquels le groupe nous avait peu habitué, notamment lorsque sur Compass Command, Joe s'est déguisé en militaire des années 50 ou 60 tout en menant un discours virtuel avec sa console. Mais le virage prog qu'ils ont pris sur cet album encore plus que sur les précédents semble totalement assumé et assimilé à leur musique. Malgré tout, il reste toujours impossible aujourd'hui de dire de 31 Knots qu'il s'agit d'un groupe de rock progressif tant Worried Well regorge d'influences diverses et variées.

Mon seul regret fut de ne pas avoir entendu Darling, I, un de mes titres préférés, et j'ai aussi trouvé le rappel un poil trop court, mais il faut bien admettre que le couvre-feu du Café de la Danse est assez strict et peut-être qu'il a eu raison de la bonne volonté du groupe. A moins que les applaudissements un peu mollassons du public sur la fin n'aient pas suffi à convaincre le groupe de revenir une deuxième fois.

Quoi qu'il en soit, vu le rythme actuel de parution des albums de 31 Knots, on peut espérer que le prolifique Joe Haege nous composera un nouveau disque avant la fin de cette année et que nous aurons la chance d'aller les applaudir un peu plus fort quelque part en France sous peu.

(En raison d'un problème technique, aucune des photos/vidéos présentes sur cette page n'est de moi. Et pour ceux qui ne connaîtraient pas, je vous laisse avec une petite playlist choisie pour vous faire une idée).



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Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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