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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 18:25

Cher blog archaïque et grisâtre, je t'ai aimé pendant deux ans et demi mais tout a une fin et aujourd'hui, je préfère pour notre bien à tous les deux, que nous en restions là.

 

Mais ce n'est pas un adieu, chers lecteurs (depuis tout ce temps, j'imagine que vous devez être une bonne dizaine). Dès demain, vous me retrouverez sur un nouveau blog tout beau et tout moderne, plein de surprises et de nouvelles rubriques.

 

Ca se passera ici : http://toomuchcissiebusiness.blogspot.com

 

Ne trépignez pas d'impatience, on se retrouve dans moins de 24 heures.

 

the-end.jpg



Par Cissie Blues
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 17:40

Presque cinq mois plus tard, je ne suis pas morte, bien au contraire. Je ne suis pas partie à l'autre bout du monde sans connexion Internet pendant tout ce temps, je n'ai même pas été débordée de boulot (mais là, ça y est) et les seules choses qui ont pu me détourner de ce blog sont des activités de socialite intenses, des sorties, des concerts et pas mal de paresse.

 

Commençons donc par un petit récapitulatif de ce qui a pu passer dans mon MP3 ces trois derniers mois.

 

J'ai écouté Babx, qui n'a pourtant rien publié de nouveau. Dans les transports, cependant, rares sont ses chansons qui passent bien. J'ai gardé Mourir au Japon et Electrochocs Ladyland et ai laissé le reste dans les tréfonds de mon disque dur.

 

Le nouveau Black Keys, Brothers, s'accroche à mes oreilles comme un koala à son eucalyptus. A la première écoute : miam, assez sexy... et 35 écoutes plus tard ou presque, leur blues me donne toujours envie de me brumiser le visage dans un parc avec un mini-short en jean, un chapeau et des santiags, par 35°C à l'ombre. En ce moment, ma préférence va à Unknown Brothers mais je ne crache pas sur un bon petit Everlasting Light ni un She's Long Gone de temps en temps. Le disque entier tient le choc dans mon lecteur depuis un bon gros mois au moins.

 

The-Black-Keys---Brothers--2010-.jpg

 

Black Prairie ont, quant à eux, fini par jeter l'éponge d'épuisement face à trop de nouveautés concurrentes. Je m'en suis VRAIMENT lassée.

 

De Black Rebel Motorcycle Club ne reste aussi que Beat the Devil's Tattoo.

 

Et puis j'ai eu une petite phase "fille" pas totalement finie d'ailleurs (ouais, j'écoute Lady Gaga, et alors ?) et me suis subitement mise à écouter Blondie, chose qui ne m'était jamais arrivée jusqu'alors mais me pendait au nez depuis plusieurs années à mon avis. En plus, j'ai vraiment bien aimé. En même temps, connaissant mon attrait pour AS Dragon et les Noisettes, est-ce vraiment surprenant ?

 

Mark Lanegan, dont j'attendais impatiemment le retour en duo avec Isobel Campbell, m'a fait patienter en sortant un petit live accoustique en édition limitée et en solo, enregistré à Leeds. Mamma Mia, frisson garanti. Comment avais-je pu laisser de côté, même quelques mois seulement, des chefs d'oeuvre tels que One Way Street, Don't Forget Me ou encore Hanging Tree ? Tous ces frissons dans ma colonne vertébrale m'ont convaincue d'ancrer ce live dans mon lecteur. Il s'y sent bien, la place est chaude et il y reste. Ce ne sera hélas pas le cas de Hawk...

 

Parmi les petits nouveaux, les chouchous du moment, il y a ce bon vieux Disiz (ex La Peste), aka Peter Punk, qui revient avec un album inclassable intitulé Dans le Ventre du Crocodile et teinté de hip Pop, de rock, de musique africaine et même de punk. Je ne m'attendais à rien en l'écoutant, mais j'aimais bien le single Rien Comme les Autres diffusé sur France Inter (vous savez, cette radio de vendus que je risque fort d'arrêter d'écouter à la rentrée). Et là : bonne surprise ! Certes pas l'album de l'année, mais néanmoins une certaine inventivité, de l'audace et du punch. Pour le coup, ça passe parfaitement au casque pour prendre le train.

 

00_-Disiz-Peter-Punk---Dans-Le-Ventre-Du-Crocodile.jpg

 

Le nouveau Kula Shaker, Pilgrim's Progress, trône crânement au sommet de mon top actuel, et ne se sent nullement menacé. Peter Pan RIP, Cavalry ou Ophelia n'ont pas fini de dérouler leur mélancolie classieuse dans mes oreilles.

 

Miss Li est vite entrée et vite sortie de mon lecteur MP3. C'est sympa mais on s'en lasse aussi vite qu'on s'y est attaché.

 

Par contre, Las Robertas ont tenu le choc un petit moment avec leur album prometteur Cry Out Loud. Dans le genre, je n'avais rien entendu d'aussi sympathique depuis longtemps. Le quatuor féminin et costa-ricain a réussi a bien m'accrocher avec son rock garage assez rétro. Malheureusement, il a fini par laisser sa place à Hippies, le nouvel album d'Harlem.

 

J'adore aussi l'album Relax de Frustration qui, contrairement à ce que son nom semble indiquer, est plein de tensions et d'urgence et fait méchamment penser à Wire et parfois à Joy Division. Après avoir été emballée par le concert aux Mains d'Oeuvres, j'ai été complètement conquise par l'album.

 

Enfin, parmi les tous derniers entrés dans mon lecteur MP3, on trouve aussi le nouveau Troy von Balthazar, How To Live on Nothing. Cet album semble avoir été touché par la grâce. C'est sans doute l'un des meilleurs disques de la rentrée, et pour couronner le tout, il sort le jour de mon anniversaire. Dans le genre poignant et poétique, on ne trouve pas mieux en ce moment.

 

howtoliveonnothing.jpg

 

La grosse suprise qui ne lâche plus mes oreilles depuis quelques temps, c'est le dernier MGMT, Congratulations. Je sais, qui l'eût cru ? Le groupe nous emmène dans un voyage pop psychédélique racé et en chemin, on rencontre un titre de 12 minutes passionnant du début à la fin, des manoirs hantés de vampires et squelettes dansant, des cachots où l'on enferme parfois des groupes qui rencontrent trop de succès, un hommage ahurissant à Brian Eno, des planches de surf vintage et des grosses vagues qui emportent tout sur leur passage... On voit rarement des groupes capables de grands écarts musicaux comme celui-ci entre deux albums, et on ne peut que se réjouir des choix faits par MGMT.

 

Dernier coup de coeur de la saison, Zola Jesus et son Stridulum II. Certes, c'est de la musique sur laquelle pèse clairement l'influence de Siouxsie, mais c'est plutôt bien fait et l'hypnotique Run me out n'a pas fini de me régaler.

 

To Be Continued...

 

Par Cissie Blues - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 16:43

Depuis mon dernier article dans ces pages, un phénomène étrange s'est produit. Dans les deux jours qui ont suivi mon coming-out de vieille ronchonne, j'ai beaucoup aimé 3 disques tombés par hasard dans ma platine : Black Prairie, le nouveau Black Keys et The School (tous trois en test exclusif dans mon MP3 et pour l'instant, je n'ai pas à m'en plaindre).

 

Voilà pourquoi, lorsqu'une copine me proposa d'aller voir Curry & Coco au Point Ephémère, j'ai dit oui : quand on est dans une telle lancée, mieux vaut ne pas s'arrêter ! Je ne connaissais rien du groupe et je n'ai rien voulu en savoir. Bien sûr, ma moitié m'avait mise en garde ("Quoi ? Curry & Coco, toi ? Cherche pas, tu vas pas aimer...) mais je n'ai pas voulu l'écouter. J'étais intriguée par la hype qui entourait ce groupe dont je voyais fleurir le nom sur tous les flyers de la ville et les affiches de festivals. En outre, la meilleure façon de découvrir un groupe étant de le voir en live, j'ai décidé en mon âme et conscience de tenter l'aventure.

 

Une aventure, c'en était vraiment une. D'abord, une fois n'est pas coutume, j'avais décidé de m'habiller en fille et les chaussures à talons ouvertes me lacérant méchament les pieds 1/4 d'heure après mon départ, ma motivation avait déjà baissé d'un cran. Heureusement, une erreur du barman en ma faveur rattrapa le coup et c'est donc dans les meilleures dispositions ou presque que j'attendais le groupe à 21h00.

 

Ma première pensée fut que ce duo était vraiment très mal assorti. Nous avions d'un côté un chanteur/clavier assez petit avec une coupe à la Desireless et une voix suraiguë très propre sur lui et de l'autre, un batteur barbu à lunettes, débraillé, le genre de mec qu'on croise dans les concerts de hardcore en province. D'ailleurs, son jeu de batterie me sembla un peu trop métaleux pour être honnête. Ouais, ce mec est un bourrin.

 

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En dépit de sa tête de jean-foutre attardé entre les morceaux, le mec joue hyper sérieusement, ce qui est assez inquiétant parce que j'ai plusieurs fois eu l'impression que le groupe se foutait de notre gueule. D'ailleurs, ce serait peut-être rassurant si Curry & Coco n'était qu'une grosse blague et connaissant un peu les Lillois, ça pourrait tout à fait être le cas. "Notre musique est faite pour que les filles dansent et que les mecs reprennent une bière, et inversement." C'est clair que personnellement, ça m'a donné envie de boire, et pourtant, j'avais mes chaussures de fille.

 

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Côté musique, rien de nouveau sous le soleil. Comme tous les groupes hype récents, Curry & Coco a ressorti le vieux synthé années 80 du grenier et l'exploite à fond, ce qui a le don de m'agacer. Comme je n'ai jamais trop goûté la musique de l'époque, je ne pourrais pas vous dire à qui ils ressemblent (sauf que le chanteur a une voix suraiguë à la Cyndi Lauper dont il reprendra d'ailleurs Girls Wanna Have Fun). La pose et le n'importe quoi prenant le pas sur la musique, j'ai bien vite compris qu'il ne fallait pas attendre grand chose de ce concert. Mais qu'est-ce qui peut pousser deux jeunes hommes qui n'ont pas l'air idiots comme eux à décider un beau matin de former ce genre de groupe ??

 

Côté hype, ça fonctionnait à merveille. La salle était pleine, les gens chantaient et dansaient, c'était vraiment le pays merveilleux des bisounours. Pour le côté visuel, une danseuse complètement ringarde (quoiqu'impressionnante) sortie elle aussi du grenier s'agitait sur les rythmes très rapides des deux loustics, emballée dans une combinaison moulante en lycra noir (j'ai d'ailleurs été assez étonnée que personne n'ait pensé au fluo).

 

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Après 6 chansons à peine, dont une reprise, le groupe quitta la scène et revint nous interpréter en rappel ses deux tubes, pourtant déjà chantés en début de concert ! Quelle arnaque ! C'était pas la release party de l'album ? C'est donc bel et bien du foutage de gueule de bout en bout. Dépitée, je m'éclipse avant la fin et c'est sans regret. Trop écoeurée par le sirop, les stroboscopes et la danse, je ne suis même pas en état de rester pour la 2e partie qui s'annonce du même accabit.

 

L'incarnation du mauvais goût. Ma patience avec ce genre de faux groupe ayant ses limites, on ne m'y reprendra plus. Cependant, il est assez fascinant de constater à quel point on peut faire gober n'importe quoi au public tout en obtenant de lui qu'il paye sa place. Et pourquoi pas lui faire acheter l'album tant qu'on y est ?

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 14:02

Voilà plusieurs mois déjà que chaque fois qu'on me demande : "Eh, tu l'as trouvé comment, ce disque ?", la première réponse qui me vient à l'esprit, c'est "bof". Bof, bof, bof. Rien de ce que j'écoute ne m'emballe (presque) plus jamais et ça me désespère. Mon pauvre lecteur MP3 ne se satisfait plus d'aucune découverte et je suis obligée de lui ressortir toutes les vieilleries du placard pour ne pas l'abandonner à son triste sort : le vide. Je ne trouve pas tous les disques que j'entends mauvais, loin de là... La plupart des trucs qui me tombent dans les oreilles me semblent sans intérêt, et au mieux "pas mal". Mais de là à être dignes d'entrer dans mon MP3, il y a de la marge.

 

Du coup, par défaut, je me contente de quelques albums que j'ai pu trouver sympathiques après une ou deux écoutes, et là, c'est la catastrophe. Dès que j'entends leurs premières mesures résonner dans mes écouteurs, je choisis la fuite et n'hésite pas à passer les chansons sans pitié aucune. Résultat : je passe pour une vieille aigrie ou une snob blasée (ce qui n'est pas forcément pour me déplaire, mais c'est un autre débat).

 

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Si j'étais complètement honnête, j'avouerais que j'ai toujours été plus ou moins comme ça. Si je prends ça pour de l'exigence, d'autres y voient évidemment du sectarisme. Mais comme je n'ai besoin que de peu de musique pour bien vivre (un album que j'adore peut rester dans ma playlist des semaines, voire des mois), ce n'était pas trop gênant jusqu'alors. Seulement là, d'un seul coup, je suis arrivée à saturation de tout mes disques préférés en même temps, et au moment de renouveler mon stock, personne n'a fait le poids. Par ailleurs, le peu de disques récents qui me plaisent ne sont pas du genre à bien passer sur un trajet pour aller travailler (Red Sparowes, Thee Silver Mt. Zion...) et je me vois donc dans l'obligation de les exclure sans ménagement de mon lecteur.

 

Heureusement pour moi, il me reste les lives. Les derniers concerts auxquels j'ai assisté ont été excellents et ça me console un peu. J'arrive donc encore à être transportée par quelque chose.

 

Alors quoi ? C'est moi ou 2010 serait-elle un mauvais cru ? Toujours est-il que si vous avez découvert un album au minimum génial cette année (en dessous, passez votre chemin, je n'aimerai pas), ce serait sympa de me le faire partager... Parce que pour l'instant, je ne risque pas de venir écrire plus souvent sur mon blog. 

Par Cissie Blues - Publié dans : Ma Musique & Moi - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 18:47

Comme elle est loin, l'époque où j'ai entendu la première chanson de The Rodeo, Your Love is Huge, sur la scène de la Flèche d'Or, pendant un concert de feu Hopper. Et comme elle est loin, cette époque où Dorothée s'est présentée sur scène en solo devant moi pour la première fois, au Truskel, avec son projet tout neuf. J'avais été instantanément conquise par sa voix, son charme et son univers flolk-western-country. Tout cela remonte à au moins quatre ou cinq ans maintenant et lorsque j'avais évoqué son talent dans ces pages il y a déjà deux ans, je plaçais beaucoup d'espoirs en elle, mais n'imaginais pas qu'elle allait faire un tel chemin.

 

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Nous revoilà donc quatre ou cinq ans plus tard, à arpenter le Café de la Danse où je passe ma vie en ce moment (qui a demandé pourquoi je ne le racontais pas sur mon blog ??) et à attendre la tête d'affiche de la soirée : Dorothée.  C'est assise près de la scène, appareil photo en mains que le la vis arriver, toute timide dans sa robe à franges noire, et accompagnée de son groupe au complet, ses John Wayne's, Jean et François. Elle entonna immédiatement son single dont France Inter est si friande : On the Radio.

 

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Le public se retrouva aussitôt dans le bain et ne lâcha plus la scène des yeux. Dorothée a roulé sa bosse et s'est forgée une expérience live à travers l'Europe et les Etats-Unis : elle ne se laisse pas démonter. Et si elle est venue présenter son nouvel album, Music Maelström, elle n'en oublie pas moins les autres chansons qui ont fait son succès (Your Love is Huge, évidemment, et  la très jolie I'll catch the Following Train) ni quelques reprises bien choisies. AInsi, elle interpréta If I had a Hammer que l'on peut toujours écouter sur son Myspace, et un magnifique negro spiritual dont j'ai oublié le nom, sur lequel deux choristes (parmi lesquelles j'ai reconnu Aurélia, son ancienne complice d'Hopper) et un guitariste (qui m'a semblé être Franz is dead) vinrent la rejoindre. La cohésion du groupe et la complicité de ses membres crèvent les yeux, et le plaisir qu'ils ont à jouer ensemble est communicatif.

 

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Le concert s'acheva sur le magnifique Love's not On the Corner avec tout le monde, en rappel, et Dorothée vint saluer son public ravi qui la gratifia du deuxième "Joyeux anniversaire" de la soirée pour ses 30 ans. Et moi dans tout ça ? J'en redemande, car si le second EP de la demoiselle m'avait un peu laissée sur ma faim, l'album qui a suivi et sa prestation scénique ont achevé de me convaincre de son potentiel. The Rodeo est décidément un projet qui tient toutes ses promesses.

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 11:00

Certes, mon avant dernier article le concernait déjà. Certes, j'aurais pu éviter d'attendre un mois avant de repointer mon nez sur mon blog, et ce serait peut-être passé inaperçu. Mais en attendant, l'air de rien, Ernesto est revenu se glisser dans mon MP3 avec un tout nouvel album, moins d'un an après Love Boat. Le nouvel opus s'ouvre sur un certain nombre de pépites, et il serait présomptueux d'affirmer que telle ou telle d'entre elles est d'un niveau supérieur aux autres. S'il a dû revoir ses espoirs de double album à la baisse, le résultat final de Welfare Heart ne déçoit pas une seconde.

Viol-WH.jpg

D'un côté, nous avons ces mélodies toujours somptueuses, raffinées et harmonieuses, avec des arrangements savamment étudiés et parfaitement calculés (quoiqu'il m'ait semblé entendre un son de violon de synthétiseur pas franchement du meilleur effet sur un titre) ; de l'autre, nous retrouvons des textes d'une étonnante maturité, non dénués d'une certaine naïveté et d'un romantisme touchant et désuet. Ernesto a parfois le charme des anciens troubadours de la cour, et l'émotion réelle qui se dégage de ses ballades ne me laisse jamais indifférente. Son imaginaire nous fait cette fois faire des détours dans des cimetières, toujours par temps de pluie et si possible jamais très loin de la mer ou de l'eau et son humour, son autodérision, même, est plus présent que jamais. Il surprend parfois comme sur Time Travel qui évoque une ambiance de piano bar à laquelle il ne nous a pas habitués, et réussit le tour de force de ne jamais être répétitif ni lassant, contrairement à moi lorsque j'évoque son oeuvre, ce qui est un comble.

J'ai toujours autant l'impression d'entendre du vieux Polnareff dans certaines de ses chansons (et c'est un compliment), mais j'y découvre aussi aujourd'hui du John Lennon époque Working Class Hero. S'il a dû abandonner la partie biblique de son disque, il en reste le meilleur : 2000 Pigs In The Sea, qui a un côté tragi-comique assez prononcé mais peut laisser perplexe au premier abord.

En quelques disques à peine, Ernesto a réussi à s'imposer avec un son et un style reconnaissables entre mille. N'est-ce pas là l'apanage des grands ? Je pense que si et il serait vraiment dommage de passer à côté de son millésime 2010, car Ernesto est comme le vin de Bordeaux, il se bonifie avec le temps.

PS : Et chez les autres, on en pense quoi ? Vous pouvez en lire plus chez Thom, Guic, Klak, et Laiezza 

Par Cissie Blues - Publié dans : Albums - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 18:34

Pour la nouvelle année, je prends la bonne résolution de tenter de tenir mon blog à jour, ou au moins, de respecter le rythme mensuel de cette rubrique. Mon rythme de travail à la fin de l'année 2009 était tel, que je n'arrivais ni à écrire sur mon blog, ni même à visiter ceux des copains. Ayant encore partiellement changé de métier, les choses devraient s'arranger, du moins, je l'espère.

Comme de nombreux mois se sont écoulés depuis la dernière fois que j'ai évoqué mon petit lecteur de poche, de nombreux disques sont entrés, puis sortis de mon MP3. Parmi eux, on trouve en vrac General Elektrics (ça n'a pas duré, j'ai fini par trouver cet album que j'avais beaucoup aimé à la première écoute aussi insipide et désincarné qu'un album de Jamiroquaï, malgré deux ou trois bons titres qui réussissent encore à me donner la pêche), Soulsavers (pas mal), Sweethead (bien, mais moins bon que Them Crooked Vultures), The Dodos (décevant) et The Hickey Underworld (j'ai gardé deux chansons pêchues et remisé le reste au placard).

Adam Ficek a fini par trouver le chemin de la sortie, mais il me manque déjà, car mon lecteur MP3 commence à cruellement manquer de pop.

Parmi les albums complets ayant fait leur entrée dans mon top, on trouve A Place To Bury Strangers, groupe qui m'avait littéralement happée lors de la dernière édition de la Route du Rock et qui a sorti un album qui porte bien son nom : Exploding Head. Il n'y a rien à redire. Pour les amateurs du genre, c'est ce qui se fait de mieux en ce moment. Et pour ceux qui ne mangent habituellement pas de ce pain là, ça reste écoutable, en modérant le volume dans ses écouteurs, bien sûr.

exploding head

Il reste encore, après plusieurs mois, une petite dizaine de chansons de La Superbe de Benjamin Biolay. Moi qui l'ai détesté et même snobé pendant des années, pensant qu'il ne sortait que des disques prétentieux aux mélodies pas franchement à la hauteur de ses ambitions, j'ai dû revoir ma copie. Alors que je l'avais toujours considéré comme ennuyeux jusqu'alors, il a réussi à capter mon intérêt. Je ne suis pas une inconditionnelle non plus, et sur le double album, il y a certains titres qui frisent le ridicule ou le kitsch selon moi (je pense notamment aux titres les plus électro). La moyenne reste malgré tout plus qu'honorable, et cet album contient même de petits bijoux, comme l'excellent Night Stop. A certains moments, on n'est pas loin du génie.

Comme les nouveaux albums ne se bousculent pas franchement chez les disquaires en cette période de l'année, c'était le moment idéal pour me pencher sur le très bon Misery is a Butterfly de Blonde Redhead. Je suis sous le charme du chant de Kazu Makino et de la pop hallucinogène de son groupe. On se croirait dans les sixties, on est dans la lignée de Melody Nelson et c'est assez jouissif. La sophistication de cet album où se mêlent habilement clavecins et violons sans jamais tomber dans la guimauve ne cesse de m'impressionner.

misery_is_a_butterfly-blonde_redhead_4801.jpg

J'ai aussi ressorti du grenier Local Angel de Brant Bjork que j'apprécie de plus en plus, même si ce disque me fend parfois le coeur. Au moins, ça fait un peu de douceur dans ce MP3 pour apprenti bourrin (Oui, bon, j'ai conscience qu'entre Biolay, Blonde Redhead et Brant Bjork, ce n'est pas flagrant pour l'instant).

J'ai ajouté à ma playlist le nouvel EP de The Rodeo, Hotel Utah, prélude à son album qui sortira le mois prochain chez Naïve. Le coté "bricolé à la maison" du premier EP a fait place à un vrai professionalisme. Mais quoi de plus normal, après des années passées sur les routes de France et d'ailleurs, des années de rencontres et de peaufinage de ce qui allait devenir l'album de The Rodeo ? A la première écoute, je n'ai pas pu m'empêcher d'être un peu déçue par ce nouvel EP. J'avais simplement l'impression que les chansons étaient moins bonnes que celles de My First EP by the Rodeo. Malgré tout, je n'ai pas laissé filer le disque comme ça et j'ai décider d'insister un peu. Curieusement, au bout de quelques jours, le charme d'I'll Catch the Following Train et de On the Radio a opéré. Mais la chanson que j'ai aimée instantanément, c'est Cha Cha Cha... Et c'est comme par hasard le morceau live de l'EP. Comme, quoi, The Rodeo se révèle pleinement sur scène, et c'est pourquoi je vous invite à venir la découvrir le 30 mars prochain au Café de la Danse.

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Est également arrivé dans mon MP3 l'album de Soan, dernier gagnant de Nouvelle Star. Le garçon que les médias détestent et accusent de tous les maux n'aura jamais à rougir de cet album plutôt bien ficelé, aux textes vraiment soignés et à la musique influencée par celle de ses amis des Têtes Raides. Malgré la tentation d'en faire parfois un peu trop, Soan s'en tire avec les encouragements du jury (je parle de moi, bien sûr).

Depuis plusieurs mois, on peut également trouver dans mon lecteur MP3 le premier album de Them Crooked Vultures. Ils ont l'air de trouver la place confortable et n'ont pas l'intention de la céder de si tôt. En effet, c'est comme pour The Rodeo, plus j'écoute ce disque et plus je l'aime. Certes, ce n'est pas révolutionnaire, et le fait qu'il s'agisse d'un "super groupe" n'y changera rien. On aurait pu attendre mieux, mais finalement, on se contente plutôt bien de ce disque, qui reste clairement au dessus de la moyenne des sorties rock 2009.

Enfin, le dernier disque ayant fait son entrée dans mon lecteur est un live, Third Floor Sessions, d'un jeune groupe canadien : dd/mm/yyyy. Vous pouvez d'ailleurs le télécharger gratuitement
ici. Je ne connaissais pas ce groupe il y a encore une semaine. Je l'ai découvert par hasard, au gré de mes errances sur le net, et je ne suis pas déçue car il a tout pour me plaire. Si vous aimez ce que les spécialistes appellent le math rock (je n'ai toujours pas franchement compris de quoi il s'agit, mais il semblerait qu'à chaque fois que j'aime bien un groupe de punck rock expérimental, ce soit un groupe de math rock), ce disque est pour vous. Et pour couronner le tout, dd/mm/yyyy passera par le Nouveau Casino le 25 février prochain. Ne les manquez pas, car ils ont une excellente réputation sur scène.

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A part ça, l'album de We Insist! continue de s'accrocher à sa place. Et en ce qui concerne les petite chansons venues se greffer à l'ensemble, on trouve du Elie et Jacno, de nouvelles chansons d'Ernesto Violin (eh oui, il y a des priviégiés...), du Grizzly Bear, du Phantom feat. Lio, du AS Dragon et le retour d'un peu de Mark Lanegan.

Ouf, je ne m'attendais pas à ce que cet article soit si long, mais ça m'apprendra à ne pas être régulière dans la tenue de mes rubriques ! Espérons que ça me servira de leçon.

Par Cissie Blues - Publié dans : Entrées et sorties de mon MP3 - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /Jan /2010 14:55

Voilà déjà bientôt un mois que j'ai eu la chance d'assister à un très bon concert (son deuxième seulement, aussi incroyable que ça puisse paraître) du jeune Ernesto Violin (aussi connu sur la blogosphère sous le nom de VIOL) dont Thom vante régulièrement les mérites sur le Golb.

A l'heure des bilans en tout genre, je suis bien forcée d'admettre que son Love Boat est l'un des albums qui aura le plus tourné sur ma platine en 2009. Et compte-tenu de sa qualité, ce n'est que justice.

Arrivés peu avant l'heure et avant de faire notre entrée dans une salle chaleureuse au bar généreusement fourni, nous eûmes l'occasion de croiser Ernesto, un peu stressé, qui nous présenta brièvement et timidement à ses amis avant d'aller vider quelques godets pour se donner du courage. Le garçon semble à la fois nerveux et calme, timide et décidé.

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Pourtant, une fois sur scène, nulle trace de trac. C'est donc avec l'air convaincu qu'il entamma son set de 2 heures (avec un entracte tout de même) par un Love don't Tame the Drunk pratiquement parfait. Dès lors, il me fut impossible de détacher mon regard de l'artiste, assis sur sa chaise, qui pour sa part, ne lève jamais les yeux sur son public. Il semble bien trop absorbé par sa musique pour ça. Quant à mes oreilles, elles n'ont pas non plus eu à regretter le déplacement.

Histoire de varier les plaisirs, Ernesto nous joua un certain nombre de chansons de Love Boat, mais aussi de ses deux précédents albums, de celui à venir, ainsi que de jolies reprises (dont une de Dylan, une de Gun Club et une autre des Pogues). Le passage des harmonies assez complexes de ses disques à la simplicité d'une guitare sèche se fit pratiquement sans heurts.

Parmi les chansons les plus prometteuses de son prochain album (double, avec une face de LP entière au sujet de la Bible), on notera Diary of a Monk, absolument magnifique et 2000 Pigs in the Sea, qui évoque un obscur passage de l'évangile au cours duquel Jésus envoie 2000 cochons renfermant des esprits mauvais au fond d'un lac pour sauver l'âme d'un fou possédé par ces esprits, épisode qui le fera chasser de la ville dans laquelle il se trouvait (rendez service aux gens...).

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Entre les morceaux, Ernesto nous gratifiait toujours d'une plaisanterie pince-sans-rire, généralement pour annoncer le morceau suivant, mais même là, il préférait regarder sa guitare ou ses pieds que nos sourires encourageants.

Le concert approchant de sa fin (comme nos bières), l'assemblée se décoinça un peu et nous pûmes chanter avec Ernesto les derniers titres que nous connaissions par coeur tandis que certains dansaient avec entrain devant la scène. Finalement, après le "grand final" (6 chansons), je pus réclamer Love Boat, qu'Ernesto ne se fit pas prier pour entonner, souhaitant passer très vite sur cette coutume ridicule du rappel.

Finalement, je retiendrai de ce concert la maîtrise technique exceptionnelle de ce jeune musicien à la voix envoutante, capable de chanter deux heures sans que celle-ci faiblisse, et son sens inné de la mélodie. Après cette belle présentation de quelques titres du futur album, je n'ai qu'une envie : l'écouter le plus vite possible en 2010.

(Merci à Guic pour les photos, mon appareil m'ayant joué un mauvais tour pendant le concert.)

Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 23:21

Oui, c'était il y a un mois déjà, mais le concert est encore bien présent dans ma pauvre mémoire surchargée. Je n'ai pas loupé le coche une deuxième fois et j'avais donc pris mes places pour le Trabendo un bon mois en avance.

Vous connaissez le Trabendo ? Je n'y étais allée qu'une seule fois auparavant, il y a trois ou quatre ans, pour voir un groupe que je ne connaissais pas encore et pour lequel j'allais rapidement éprouver un violent rejet : Au Revoir Simone. Bref, je me souviens que nous avions tourné en rond à la Villette pendant un très long moment avant de tomber sur la salle et cette fois, les choses ne furent pas bien différentes. De nuit, si on n'est pas familier de l'endroit, il faut vraiment avoir de la chance pour tomber sur le Trabendo.



Une fois sur place, à peine le temps d'entrevoir la fin de la première partie et de commander une bière qu'il était déjà l'heure de s'approcher de la scène. Si nous avions su, nous en aurions commandé une deuxième parce que les Noisettes se firent un peu désirer.

Et finalement, le groupe fit son entrée sous les cris d'un public enthousiaste, avant d'entammer son set avec le titre Wild Young Hearts, et d'enchaîner avec l'horripilant single Don't Upset the Rhythm, puis le plus posé Sometimes. Mes premières impressions étaient assez mitigées. Malgré le côté sympathique des musiciens qui semblent ne pas se prendre du tout au sérieux, le tout manquait de tonus et la mayonnaise ne prenait pas vraiment. Les chansons étaient en effet toutes plus lentes que sur l'album, et la voix de Shingai Shoniwa semblaient fatiguée (pas étonnant puisqu'il s'agissait de la dernière date de leur tournée). Je sentais déjà ma mauvaise fois prendre le dessus et essayer de trouver des arguments pour défendre le groupe contre ses éventuels détracteurs après le concert, mais finalement, je n'eus pas besoin d'y avoir recours. Dès le morceau suivant, la chanteuse-bassiste et ses compères redressèrent la barre.



Dès lors, nous assistâmes à un véritable show et la température monta d'un cran. Pendant que Shingai chantait pliée en deux ou la tête en bas, accompagnée par deux choristes au talent discutable, l'impressionnant Jamie Morrison frappait de toutes ses forces sur sa batterie, avec une énergie qui semblait inépuisable (une fin de tournée ? Quelle tournée ?). De son côté, Dan Smith, plus en retrait adressait des signes au public en souriant (malgré les problèmes d'accord de l'une de ses guitares), visiblement à l'aise dans ses chaussures argentées . L'ambiance s'était transformée et autour de moi, le public avait commencé à se trémousser sans retenue.

Tour à tour disco, soul ou rock, les morceaux défilaient sans temps mort, et les Noisettes nous rappelèrent ainsi l'existence des deux meilleurs extraits de leur album précédent : Scratch Your Name et Don't Give Up. Pour Atticus, Shingai apparut à quelques mètres de nous au beau milieu de la foule médusée et termina sa prestation allongée sur le balcon. Tout cela nous amena progressivement à un final réussi sur Sister Rosetta.



J'attendais bien sûr le Every Now and Then qui n'allait pas tarder à arriver, car compte-tenu du potentiel tubesque du morceau, le groupe l'avait forcément intégré à son rappel. Shingai nous annonça d'ailleurs qu'il serait leur prochain single. Malheureusement pour moi, il fut assez bancal, à cause d'une harmonie douteuse entre les musiciens qui se rattrapèrent heureusement avec la reprise de clôture, Children of the Revolution de T-Rex.

Malgré un début laborieux, le concert s'acheva donc sur une note positive et chaleureuse, ce qui m'incite à vouloir revoir les Noisettes très vite, dans un contexte différent, c'est à dire pas en fin de tournée et de préférence dans une salle, ou dans un festival à la mesure de leur talent.


Par Cissie Blues - Publié dans : Concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /Nov /2009 15:10

Rhaaaaa, mais qu'est-ce qui m'a pris ce jour-là ?

Sur une initiative perverse de Xavier, notre ami Klak a jugé bon de me refiler ce tag maudit du David Bowie Blog Tour, alors que j'étais toute contente d'avoir échappé à la première session. J'avais certainement dû toucher un paiement en retard d'un client ce jour là, parce que j'étais de bonne humeur et j'ai donc accepté.

Je n'avais jamais eu envie de me pencher sur le cas Bowie jusque là, et ça aurait pu être l'occasion de faire une belle découverte mais c'était sans compter sur un tirage au sort des plus capricieux, qui me fit écoper de Young Americans. Non, parce que je voue un véritable culte à la pop et au rock anglais depuis un certain temps déjà, mais il a fallu que je tombe sur l'album de soul discoïsante de Bowie, sorti en 1975 avec pour objectif avoué de partir à la conquête des charts américains.



Soyons clairs : je ne connais rien à Bowie, et la soul n'est pas franchement ma spécialité, comme vous l'avez peut-être déjà constaté si vous parcourez parfois les pages de ce blog. Et je n'ai matériellement pas le temps de rattraper mon manque de culture en la matière en ce moment avec mes semaines de plus de 50 heures, alors nous ferons avec les moyens du bord.

Il faut dire que j'avais si peur de me mesurer à Bowie que je repoussais sans cesse le moment de procéder au tirage au sort, comme si je sentais qu'il ne me serait pas favorable, que j'allais me planter et que l'âme des fans de Bowie voulait me punir par avance de ne pas être plus en mesure de répondre à ses attentes.

Lorsque j'ai enfin su quel album m'avait été attribué, je n'osais pas le lancer sur ma platine. C'était comme si une force invisible me glaçait le sang dès que j'approchais du disque d'un peu trop près, et m'empêchait de l'écouter. Mais un soir, sans grand enthousiasme, je le glissai dans le lecteur malgré les fourmillements dans mes doigts, puis vaquai à mes occupations en l'écoutant d'une oreille.

Loin de m'impressionner, cette première écoute me plongea dans un état proche du désespoir. Une impression tenace de mièvrerie et de guimauve se dégageait du disque. Limite écoeurée, j'étaignis le disque et allai me coucher.

Mon sommeil fut peuplé de cauchemars tous plus horribles les uns que les autres dans lesquels des fans de Bowie acharnés me poursuivaient et me forçaient à écouter le disque. Je me retrouvais ensuite dans une vieille Citroen CX décapotable avec un autoradio pourri crachant joyeusement la mélodie du single Young Americans sur une petite route ensoleillée de la Côte d'azur. Ensuite, j'atterrissais dans une boîte de nuit aux murs recouverts de velours bordeaux, et on me servait de mauvais cocktails au curaçao bleu en me passant Fame en boucle, pendant que des guignols aux cheveux gominés et en pantalon pattes d'eph se trémoussaient sur la piste.

Je me réveillai en sursaut, alors que des gouttes de sueur perlaient sur mon front.

Ni une, ni deux, j'attrapai le disque et le jettai dans la poubelle. Tant pis, après tout. Il ne valait pas la peine de se mettre dans un tel état pour un blog, pour un article ! Xavier et Klak comprendraient que c'était plus fort que moi !

Mais c'était trop tard, la malédiction de Young Americans avait frappé et je le compris un peu plus tard ce matin là en allumant la radio. Parce que comme par hasard, France Inter avait subitement décidé de diffuser Fascination, comme ça, sans prévenir ! Interdite, je coupais le son, mais me posais tout de même des questions. Tout cela était pour le moins étrange.

Mais le pire était à venir. Au supermarché, la musique de Can You Hear Me me fit bondir alors que j'atteignais le rayon lessive. Mes cheveux se dressèrent sur ma tête, j'étais poursuivie. Tremblante, j'achevai mes courses, rentrai chez moi, et refermai la porte avec soulagement.

Depuis ce jour, je n'en suis pratiquement pas ressortie, mais je n'ai tout de même pas réussi à échapper à quelques notes de Who Can I Be Now, qui provenaient de l'étage du dessus, ni de Right, qu'un type écoutait à fond sur son portable dans la rue. J'ai trouvé la solution : j'ai fermé les volets. Je n'allume plus la télé, n'écoute plus la radio, et j'ai coupé le son de mon ordinateur. Bien entendu, je ne réponds pas non plus au téléphone. Je me fais livrer mes courses, mais je demande à ce que le livreur les laisse devant ma porte à une heure précise, par précaution.

Depuis qu'Halloween est passé, je me dis que la malédiction est peut-être terminée, mais je ne trouve toujours pas le courage de tenter une connexion avec le monde extérieur. Quelqu'un peut-il me dire s'il a déjà vécu un truc similaire et comment faire pour conjurer le mauvais sort ?

Par Cissie Blues - Communauté : Le Monde du Rock
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