Vendredi 22 mai 2009
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12:42
Le billet annonçait la couleur : soirée Custom, la soirée mensuelle des Inrocks, avec Heartless Bastards, Fan Death et enfin Akron Family.
Et si je lis relativement rarement l'hebdomadaire culturel, j'étais justement tombée une semaine avant sur une très bonne chronique de l'album des premiers (je m'étais d'ailleurs demandé à ce
sujet si un concours de la plus moche pochette d'album n'avait pas été organisé entre certains groupes).
Mon planning étant plutôt chargé ces derniers temps, j'avais pour une fois dérogé à la règle voulant que j'écoute systématiquement les albums des groupes avant de les voir sur scène, et n'avait
donc qu'une très faible idée de ce qui m'attendait.
Cela faisait déjà un petit moment que je n'avais pas remis les pieds au Nouveau Casino, mais je me souvenais très bien y avoir vu Mark Lanegan et les Soulsavers il y a quelques années, ainsi que les feu Groovy Ghoulies à peu près à la même époque. L'agencement du lieu, doté d'une charmante mezzanine désormais équipée d'un "espace fumeur" ajoutait
un côté convivial assez agréable.
La salle était presque déserte à mon arrivée et les pauvres Heartless Bastards (qui ne faisaient pas vraiment peur, malgré leur nom) ont exécuté leur set d'une demi-heure devant un parterre
d'un maximum de 15 personnes. Pendant ce temps, là, à l'étage, je cherchais la meilleure place pour voir la scène tout en buvant un coup, car il régnait ce soir-là une atmosphère assez
étouffante. Le groupe jouait un rock parfois très connoté années 90, très Pixies, parfois très années 70, chanté par une fille à frange à la voix chaude et envoutante qui se laissait bien
écouter, ma foi.
Puis, Fan Death est arrivé et ce fut une autre histoire... Que dire ? Encore un énième truc branché horrible, sans aucun intérêt, sorte d'hommage à ce que les années 80 ont pu faire de
pire, agrémenté de quelques petites touches de musique asiatique assez mal-à-propos. Beurk, j'ai cru que j'allais défaillir. Le pire dans cette histoire étant que nous avons dû subir ça
pendant 3/4 d'heure, 3/4 d'heure vraiment très longs. La seule chose qui pourrait être sauvée de ce naufrage était le visuel, avec une chanteuse complètement barrée en kimono qui se trémoussait
dans tous les sens, j'allais regretter de ne même pas avoir pris la peine de photographier ce moment assez unique dans une vie.
Juste le temps de nous interroger sur la pertinence de cette programmation en première partie d'Akron Family et de redescendre dans l'arène que les New-Yorkais foulaient à leur tour la scène
du nouveau Casino. Je m'attendais à ce qu'ils soient relativement nombreux, et fus donc surprise de constater qu'il ne s'agissait que d'un trio. Par ailleurs, il faut savoir que si j'ai signalé
dans ces pages que leur dernier album valait le détour, il n'en reste pas moins que je les trouve souvent ennuyeux sur disque, et que pour moi, seuls trois ou quatre titres sortent vraiment du
lot dans Set 'Em Wild, Set 'Em Free. J'étais donc un peu sceptique mais j'avais tout de même bon espoir de les découvrir sous une perspective nouvelle et intéressante en
concert.
Heureusement pour moi, ce fut le cas.
Après une entrée en matière plutôt brouillonne et laborieuse dans une harmonie vocale bancale (dont le guitariste est largement responsable) sur They Will Appear, le trio se
rattrapa parfaitement dès l'enchaînement avec ma chanson préférée de l'album, River qui fut magistralement interprétée. Lorsque j'entendis les premières notes de The Alps ans
Their Orange Evergreen, je commençai néanmoins à m'inquiéter un peu, en me disant que si mes chansons préférées défilaient à cette vitesse, ils allaient devoir caser les titres moins bons au
milieu de leur set et plomber mon concert. Et finalement, ils ont réussi à trouver un équilibre entre anciens morceaux et nouveautés sans jamais que mon attention faiblisse (sauf peut-être sur
Creatures ou je me suis ennuyée, comme c'était prévisible).
Le batteur (qui est également le meilleur chanteur des trois, il faut le préciser) tapait sur son instrument à rythme tel, que je le surveillais avec appréhension dans l'attente d'un éventuel
couac. Mais de couac il n'y eut pas, du moins de sa part, et c'est heureux puisqu'un plantage de batterie à cette vitesse ne serait pas passé inaperçu. Ses deux acolytes, pour leur part, firent
aussi du bon boulot, malgré quelques fausses notes ici ou là. Mais la technicité de certains titres les obligeait à beaucoup de concentration.
Pourtant, ces trois gentils hippies n'en semblaient pas moins sympathiques et décontractés. Ils dégageaient une espèce d'aura et de chaleur humaine très confortable pour nous. Et je me suis
laissée embarquer dans leurs rythmes tribaux jusqu'à me mettre presque à danser, ce qui est assez exceptionnel de ma part.
Ils conclurent justement le set, comme je le pressentais, avec un Everyone is Guilty qui mit le public en transe. Tout le monde bougeait ses fesses, tapait des mains et participait à la
grande messe, en totale communion. Ce fut vraiment un très bon moment. Et malgré l'heure qui tournait et les contraintes assez strictes du Nouveau Casino, le groupe remonta sur scène
pour un rappel de deux titres qui vint ponctuer 1h10 de concert. Ils terminèrent par un magnifique Sun Will Shine, chanté presque a capella et cette fois, leurs trois voix s'accordèrent
parfaitement. J'avais vraiment l'impression d'assister à une prière apaisante et optimiste.
Alors, verdict ? Sur scène Akron Family arrive à capter l'attention du public même avec les titres les plus lents et les plus complexes et leur côté ennuyeux s'évanouit alors comme par magie pour
ne laisser qu'une impression de chaleur et d'énergie qui nous emporte sur son passage. A tel point qu'en fin de concert, une fan plus qu'enthousiaste leur cria : "Non ! N'arrêtez pas de jouer
!!". En ce qui me concerne, reprendre une part de ce gâteau aurait sans doute pu me faire frôler l'indigestion et j'ai trouvé au contraire la longueur du set idéale. Il ne m'en fallait pas plus,
car plus aurait risqué d'être moins bien et la longueur de certains morceaux aurait inévitablement déclenché chez moi des baillements, ce qui a été évité avec brio au cours de cette soirée.
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